EDITO. Pourquoi Emmanuel Macron veut-il tant reconquérir les classes moyennes ?

Dans une interview au quotidien "L’Opinion", Emmanuel Macron affiche une priorité : reconquérir les classes moyennes… L'édito de Renaud Dély.
Article rédigé par franceinfo, Renaud Dély
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le président de la République, Emmanuel Macron, sur le perron de l'Elysée, le 11 mai 2023. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Objectif : reconquérir une partie des Français. Et pour y parvenir, le chef de l’Etat leur promet de nouvelles baisses d’impôt. Un instrument classique surtout à un moment où le marché de l’emploi se porte bien, mais où l’inflation ronge le pouvoir d’achat. Dès lors que l’exécutif fait reposer les hausses de salaires sur le bon vouloir des chefs d’entreprise, il n’a que l’outil fiscal à disposition.

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Ces allègements fiscaux seront donc destinés, à "ceux qui sont trop riches pour être aidés" par des allocations, et "pas assez riches pour bien vivre", explique-t-il à l'Opinion. Emmanuel Macron affiche l’objectif de baisser les impôts des catégories qui gagnent entre 1500 et 2500 euros mensuels pour leur permettre de mieux vivre de leur travail. Le travail, l’effort, le mérite, le chef de l’Etat ressasse ce discours, mais il ne convainc plus guère ces fameuses classes moyennes, parce que la réforme des retraites est passée par là. 

Les classes moyennes sont au cœur du contrat démocratique

Les classes moyennes ont lâché Emmanuel Macron au fil de la crise sociale. Concernée au premier chef par le report de l’âge légal, cette France des actifs a souvent participé aux manifestations, jusque dans les villes moyennes. Le divorce avec les plus précaires et les classes populaires est plus ancien. Résultat, dans les enquêtes d’opinion, la base des soutiens du chef de l’Etat se réduit désormais aux classes supérieures et aux retraités. Or, ce sont les actifs qui ont fait la réélection d’Emmanuel Macron l’an dernier. C’est d’ailleurs toujours le soutien des classes moyennes qui détermine l’issue de l’élection présidentielle. En son temps, Lionel Jospin leur avait déjà accordé des allègements fiscaux. Nicolas Sarkozy misait, lui, sur les heures supplémentaires défiscalisées. À l’inverse, les hausses d’impôts de son début de quinquennat avaient plombé François Hollande. 

La suite du quinquennat dépend donc sans doute de l’attitude des classes moyennes. S’il veut relancer son mandat, c’est une urgence politique pour Emmanuel Macron que d’essayer de les reconquérir. Et puis au-delà, les classes moyennes sont au cœur du contrat démocratique. En une période de crise civique, où les élus sont de plus en souvent pris pour cible par les courants les plus radicaux, l’exécutif doit éviter que les classes moyennes ne fassent sécession à leur tour. Quoi qu’il en coûte, ou presque, pour les finances publiques.

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