Édito
80 ans du Débarquement : depuis 2017, Emmanuel Macron multiplie les cérémonies mémorielles

Le plus jeune président de la Ve République, au moment de son élection, participe à davantage de commémorations que ses prédécesseurs. Emmanuel Macron possède, notamment, un penchant personnel pour les figures héroïques qui ont façonné la République.
Article rédigé par Renaud Dély
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Discours d’Emmanuel Macron lors de la cérémonie d’hommage aux victimes civiles de la guerre à Saint-Lô en Normandie à l’occasion du 80e anniversaire du Débarquement. (ANTONIN DESJARDINS / HANS LUCAS)

Emmanuel Macron préside, jeudi 6 juin, aux commémorations du 80e anniversaire du Débarquement. Depuis son entrée à l’Élysée, le chef de l’État a multiplié ces cérémonies mémorielles, davantage que ses prédécesseurs. Depuis 2017, les célébrations se succèdent. Les anniversaires historiques, comme "l’itinérance mémorielle" de l’automne 2018 pour le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, les tragédies de l’actualité bien sûr pour honorer des victimes du terrorisme ou des soldats morts pour la France. Mais aussi plus d’une vingtaine d’hommages, souvent dans la cour des Invalides, pour des personnalités aussi diverses que Jean D’Ormesson et Jean Daniel, l’amiral Philippe de Gaulle et Robert Badinter, ou encore Jean-Paul Belmondo et Johnny Hallyday. Sans oublier les panthéonisations de Simone et Antoine Veil, de l’écrivain Maurice Genevoix, de Joséphine Baker ou encore en février dernier, de Missak et Mélinée Manouchian et de leurs compagnons résistants de l’Affiche rouge. 

Inscrire sa présidence dans le continuum de l’histoire 

Pour le plus jeune Président de la Ve République, 38 ans seulement en 2017, ce fut une façon, dès son élection, de densifier son personnage, et d’inscrire sa présidence plutôt inattendue dans le continuum de l’histoire de France. Emmanuel Macron a aussi un penchant personnel pour les figures héroïques qui ont façonné la République et pour la pompe protocolaire qui leur fait écho. Enfin le Président du "En même temps" a parfois tenté de "réconcilier les mémoires" meurtries par des conflits passés, par exemple la guerre d’Algérie. Ses prédécesseurs avaient largement entamé ce travail mémoriel, depuis le discours du Vel d’Hiv de Jacques Chirac en 1995 aux allocutions de François Hollande sur l’esclavage, la colonisation ou le 17 octobre 1961. En fait, depuis une trentaine d’années, pour vanter les pages glorieuses de l’histoire de France ou faire acte de repentance sur les heures plus sombres, les Présidents successifs se retournent volontiers vers le passé. Comme si le pays tout entier versait dans une sorte de nostalgie.

Des hommages qui ne sont pas dénués d’arrière-pensées politiques. Quand Emmanuel Macron panthéonise Joséphine Baker ou les époux Manouchian, ces étrangers qui ont choisi la France et la Résistance, il exhorte les Français à la vigilance à l’heure où Marine Le Pen et le RN progressent. Un message d’alerte renouvelé en ce jour anniversaire du Débarquement, alors que c’est l’extrême droite qui menace de déferler dimanche sur tout le continent européen.

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