L'édito politique, France info

Combat pour un gouvernement

François Hollande a annoncé un gouvernement de combat, pour redresser la France. Mais il s'agit aussi de combats pour un gouvernement. Les écologistes mènent une bataille en rang serrés, et posent leurs conditions pour participer au gouvernement Valls.

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Ils étaient très résolus ce matin, et
maintenant ils donnent le sentiment de suivre les mouvements d'une valse
hésitation complexe.

Les écologistes ont été déçu par le
manque de précision de François Hollande, qui a évoqué la transition
énergétique, mais sans en préciser le calendrier.

Ils ne veulent pas donner l'impression
de se maintenir au gouvernement pour pas grand-chose.

Alors le grand-chose se cherche. Sur un
ministère du développement durable, sur un nombre plus important de ministres
et secrétaires d'Etat, et peut-être sur l'abandon de l'aéroport Notre Dame des
Landes. Mais là, ce serait un camouflet pour Jean-Marc Ayrault, à peine a-t-il
tourné les talons.

Les
verts hésitent et négocient, mais ce n'est pas le seul souci pour Manuel Valls.

Il y a aussi l'écueil de sa succession
au ministère de l'Intérieur.

François Hollande avait pensé à l'un de
ses fidèles, bon connaisseur de ces dossiers, le sénateur, président du groupe
socialiste, François Rebsamen.

Mais Manuel Valls est extrêmement
réticent. Les deux hommes n'ont pas la même approche, ni les mêmes cercles.

Qui va emporter ce bras de fer. Normalement,
le président de la République de la République a le dernier mot. Le chef d'Etat
nomme, alors que le Premier ministre propose.

Mais François Hollande aurait trouvé une
voie médiane avec un gros ministère mêlant à la fois territoire et environnement
pour le maire de Dijon.

Une telle solution serait immanquablement
interprétée comme  un aveu de faiblesse
de la part de l'Elysée.

Manuel
Valls qui marque très vite son territoire et ses intentions.

Le nouveau Premier ministre  sait qu'il est jugé trop à droite sur l'échiquier
interne du PS.

Son premier entretien à Matignon a donc
été accordé au président de l'Assemblée.

Cela prouve sa volonté d'associer
étroitement les parlementaires à sa politique.

Claude Bartolone est également un tenant
d'une politique plus à gauche, et c'est un signe de considération adressé à
cette aspiration.

A ce titre Arnaud Montebourg et Benoit
Hamont bénéficieraient de bonnes promotions dans le gouvernement.

Ségolène Royal y ferait son grand
retour.

D'autres femmes seraient promues, comme
Marisol Touraine ou Najat Vallaud-Belkacem.

Et puis Bertrand Delanoë, qui passera
officiellement el relais à Anne Hidalgo samedi à Paris, serait lui aussi de l'équipe
Valls. 

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