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Ils ont fait l'actu. Michel Zecler, sauvé par la vidéosurveillance

Sébastien Baer revient sur les événements marquants de l'année 2021. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui les racontent. 

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Michel Zecler, producteur.
Michel Zecler, producteur. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

21 novembre 2020. Michel Zecler, un producteur de musique noir, est roué de coups par des policiers. La scène, très violente, se déroule dans le studio de musique du producteur, dans le 17e arrondissement de Paris. La vidéo, filmée par un voisin et diffusée par Loopsider, est vue plus de 11 millions de fois.

Cette bavure scandalise Emmanuel Macron, qui réclame des sanctions contre les policiers. Les quatre fonctionnaires impliqués sont suspendus et deux d'entre eux sont écroués avant d'être remis en liberté un mois plus tard. Quant à Michel Zecler, l'enquête ouverte contre lui pour violences sur personne dépositaire de l'autorité publique et rébellion a été classée sans suite. Huit mois après son passage à tabac, le producteur de musique n'a pas repris le travail et souffre toujours d'importantes séquelles. "Aujourd'hui, je fais quelques cauchemars, c'est plus rare qu'au début mais malheureusement, ils sont encore présents. Ça peut rendre un peu parano. J'ai toujours un peu de mal quand je vois des voitures de police ou quoi que ce soit, il se passe toujours un petit truc, je suis pas forcément rassuré. C'est toujours quand je les croise, n'importe quelle sirène, je suis obligé de regarder. C'est pas des choses qu'on maîtrise, ça me fait quelque chose que je ne contrôle pas", raconte le producteur qui ne comprend pas le comportement des policiers. 

"Ils ont vu une personne ou un type de personne, sont rentrés et ils se sont laissés aller. Ça ne doit pas exister. Certains actes ne sont pas dignes des fonctions qu'on occupe. Avec de bons policiers, ça ne serait pas arrivé."

Michel Zecler

à franceinfo

Pour autant, Michel Zecler refuse tout amalgame. "Je ne veux pas que l'on confonde. Ces trois personnes-là ne doivent pas refléter la police dans son ensemble. Je pense qu'il y a un problème. Il faut régler le problème et pas à côté." La séquence laisse un goût amer au producteur qui se répète que sans les caméras de vidéosurveillance de son studio, il serait aujourd'hui certainement en prison. "Sans ces images, effectivement, je serais en prison. J'aurais perdu tout ce que j'ai construit ces dernières années. Honnêtement, c'est ça qui fait le plus mal, c'est de se dire que tous les efforts que j'ai faits auraient été réduits à néant par la rencontre de policiers. Et c'est ça qui est fou. Moi, honnêtement, je ne cesse de penser à ceux qui ont vécu la même chose que moi et qui sont aujourd'hui incarcérés. Comment ils font ? Moi, je le vis hyper mal ce truc-là".

Procès à venir

Michel Zecler attend maintenant avec impatience que les policiers soient confrontés à la justice. "Je pense que le procès nous aidera tous, parce qu'il y a beaucoup de gens qui ont envie de comprendre pourquoi. Pourquoi ça s'est passé comme ça ? Pourquoi ? Arrivé au commissariat, un des policiers m'a dit : 'Moi, j'ai 25 ans de métier, il m'arrivera rien'". En attendant le procès, Michel Zecler poursuit sa rééducation trois fois par semaine. Pour remplacer un tendon arraché, une broche en titane a dû être posée dans son bras gauche. Les policiers, eux, ont été mis en examen pour notamment violences volontaires avec arme en réunion et accompagnés de propos à caractère raciste.

Michel Zecler, producteur.
Michel Zecler, producteur. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)