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Quand Chirac coachait Bachar al-Assad et pleurait son père (1999-2000)

Longtemps la diplomatie française a refusé d'imaginer tout avenir en Syrie avec Assad au pouvoir. Il fut cependant un temps où la France était l'un des rares alliés occidentaux du régime.

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(Thomas Snégaroff © Christophe Abramowitz)

Retour le 7 novembre 1999, à l’Elysée, Jacques Chirac reçoit tel un chef d’Etat un homme qui ne l’est pas encore. Ce jeune homme, c'est Bachar al-Assad. Selon le politique spécialiste du monde arabe Antoine Basbous a véritablement coaché le fils d’un Hafez al-Assad sur la fin de sa vie. Rappelons que Bachar n’était pas le fils qu’il avait programmé et donc formé pour lui succéder. Mais la mort de Bassel en 1994 fait de Bachar l’héritier du clan Assad.

C’est probablement lors de la venue d’Hafez à Paris en 1998 qu’est organisée la venue de Bachar l’année suivante. Jacques Chirac avait alors parlé d’ "indestructible amitié " entre la France et la Syrie, passant sous silence les nombreuses périodes de tension et notamment l’assassinat d’un ambassadeur français en 1981, attribué à Assad.

Mais la France ne veut pas mettre en péril ses intérêts au Liban en se brouillant avec son très présent voisin. Elle souhaite également conserver son influence dans l’ensemble du monde arabe, un héritage gaullien.

C’est la raison pour laquelle, un an après la visite de Bachar, Jacques Chirac se rend à Damas, aux obsèques de son père, Hafez. Il est le seul dirigeant occidental à faire le voyage, ce qui n’est pas du goût de nombreux politiques français de tous horizons, à l’image ici de Daniel Cohn-Bendit et de François Bayrou

Daniel Cohn-Bendit: "C'est l'image d'un assassin de Français, et l'assassin de beaucoup de gens..."
François Bayrou: "Et moi je trouve qu'en tout cas, la France ne devrait pas se prêter à la glorification des dictateurs et des assassins"

A l’époque, le pari de Chirac semble gagnant. Bachar a l’image d’un réformateur pro-occidental qui semble pouvoir être contrôlé par les grandes puissances. On mesure aujourd’hui l’ampleur de cette erreur d’appréciation.

(Thomas Snégaroff © Christophe Abramowitz)