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Liberté vs Sécurité. Quand la France a fait le choix de la sécurité (1976-1982)

A l'heure où la France s'interroge sur les mesures concrètes à prendre pour se protéger du terrorisme, retour à la fin des années 1970. Dans une France traversée par une vague d'attentats, la droite fait le choix de mesures "liberticides et injustes" pour la Gauche. Mais une fois au pouvoir, celle-ci ne remet pas fondamentalement en cause ces mesures qui se heurtent pourtant à ses principes.

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(Contrôle d'itentité effectué par les CRS à Marseille © Maxppp)

Peut-on fouiller le coffre des voitures ?

Nous sommes en novembre 1976. La France est victime d'une impressionnante vague d’attentats terroristes venant de toutes parts (le Front de libération nationale Corse, l’extrême gauche, l’extrême droite, de commandos palestiniens conduits par le terroriste Carlos, des Arméniens, l'Armée révolutionnaire bretonne…). Pour le seul premier semestre de l’année, ce sont plus de 1.500 attentats à l’explosifs qui ont été commis contre les biens publics ou privés!

De nouvelles lois sont votées et certains aspects comme la possibilité donnée aux forces de l’ordre de fouiller les voitures fait débat. Un débat très intense, certains (les juges et la gauche) s’offusquant du caractère liberticide des mesures. C’est à cela que tente de répondre le ministre d’alors Michel Poniatowski:

"Des mesures (de sécurité) qui ne touchent qu'à la liberté des criminels qui se servent de cette protection de la loi pour transporter des explosifs... "

Un débat d’il y a près de 40 ans et qui est au cœur de notre débat démocratique d’aujourd’hui.

Peut-on contrôler l'identité des citoyens sans restriction ?

Le contexte reste cependant très tendu dans la France de la fin des années 1970. Le gouvernement, et plus particulièrement Alain Peyrefitte, fait passer en décembre 1980 une loi d’ensemble appelée opportunément « Liberté et sécurité » et qui notamment élargit les contrôles d’identité et prolonge les gardes à vues

 

Très opposée à des lois qualifiées de "liberticides" et d’"injustes", la gauche arrivée au pouvoir en mai 1981 s’attaque frontalement à cette loi qu'elle compte bien abroger. Un rapport remis à Robert Badinter en novembre 1981 ouvre la voie à l'abrogation.

Peut-on préfèrer la liberté plutôt que la sécurité en periode de dangers ?

Mais au printemps 1982, une vague d'attentats organisés par le terroriste Carlos et la victoire de la droite aux Cantonales sur un discours sécuritaire changent la donne. Certains aspects de la loi « Sécurité et Liberté » de 1980 seront bien abrogés mais certainement pas la totalité de la loi.

Ce retour dans les années 1976-1982, nous rappelle que dans une période de dangers, les principes se heurtent souvent à la peur et réalité.

 

 

(Contrôle d'itentité effectué par les CRS à Marseille © Maxppp)