Les beaux perdants : Gilbert Newton Lewis, le chimiste mort de ne pas avoir le prix Nobel

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Ils ont subi un ou des échecs et ils ont été célèbres. Thomas Snégaroff nous fait revivre les moments les plus épiques de leur vie. Gilbert Newton Lewis est un chimiste reconnu qui a été nommé au prix Nobel de chimie 41 fois, sans jamais l'obtenir. 

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Radio France
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Des scientifiques ont reçu des diplômes honorifiques de docteur en sciences, à l'Institut Franklin, le 20 mai 1938. De gauche à droite : George David Birkhoff , Arthur Louis Day, Thomas Hunt Morgan et Gilbert Newton Lewis. (BETTMANN / BETTMANN / GETTYIMAGES)

C’est une histoire tragique, dans laquelle il est question de prix Nobel et de suicide. Le perdant du jour s’appelle Gilbert Newton Lewis. Newton : un "middle name" prédestiné pour celui qui deviendra l’un des plus grands chimistes de son temps…

Son temps, c’est la fin du XIXe siècle et la première moitié du siècle suivant, quand le chimiste américain devient une sommité mondiale. Enseignant chercheur dans les plus grands centres, à Harvard, au MIT, à Berkeley, son esprit curieux et surtout ultra brillant l’ont conduit à mener des recherches en thermodynamique, en électrochimie ou en photochimie.

Un chercheur reconnu

À en croire les experts, le fait qu’il identifia la liaison covalente comme un partage d'électrons entre deux atomes en 1916 ou encore qu’il proposa une théorie électronique des acides et des bases, selon laquelle les acides et les bases sont respectivement accepteur et donneur d'une paire d'électrons, en fait un géant de la chimie. L’acide de Lewis et la formule de Lewis ont laissé le nom du chimiste à la postérité. Lewis n’est pas un génie incompris : de son temps il croule sous les lauriers, recevant notamment deux des plus prestigieuses récompenses, la médaille William-H.-Nichols en 1921 puis de la médaille Davy en 1929.

Mais il manque une récompense : le prix Nobel de chimie, pour lequel il est nommé... 41 fois ! Mais à chaque fois, le prix lui passe sous le nez. Le 23 mars 1946, il dîne à Berkeley avec Irving Langmuir, prix Nobel de chimie 1932 et qui avait développé les mêmes théories que lui dans les années 1910. Une heure après son retour au laboratoire, Lewis est retrouvé mort dans son laboratoire. On a parlé d’une maladie cardiaque, mais pour beaucoup, celui qui était rentré bien sombre de son dîner s’est suicidé ce soir-là.

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