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Le scandale de la rémunération du patron de Peugeot... Jacques Calvet

Les débats sur la hausse de la rémunération de Carlos Tavares fait penser à celui qui a agité la même entreprise il y 27 ans. Le patron était alors Jacques Calvet.

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Retour le 14 septembre 1989. Les usines Peugeot de Sochaux et Mulhouse sont en grève depuis plusieurs jours déjà. Les 205 ne sont sortent plus des chaînes de montages. Les salariés réclament à cor et à cri une hausse des salaires au moment où le groupe PSA annonce avoir réalisé huit milliards de francs de bénéfice. Le président Jacques Calvet promet dans le Journal d’Antenne 2 qu’il fait tout pour aider les salariés:

"Moi j'ai tout à fait confiance dans le bon sens et la compréhension de mon personnel, et ce qui m'a le plus navré dans ce mouvement, c'est qu'on ait pu dire à certains moments que j'éprouvais un mépris à leur égard, alors que c'est tout le contraire. Je pense à eux, je suis stressé..."

Cette grève tombe au mauvais moment pour Peugeot en plein redressement et qui est alors sur le point de lancer son nouveau modèle haut de gamme, la 605, qui a l’ambition de concurrencer les Allemandes.

Mais alors que la grève s’essouffle devant l’intransigeance de la direction et le peu d’entrain, il faut le dire, de la majorité des ouvriers, le Canard Enchaîné met le feu aux poudres en publiant le 27 septembre les déclarations d’impôt de Jacques Calvet:

C'est la colère au centre de production Peugeot de Mulhouse avec la publication des revenus de Jacques Calvet: "180.000 francs mensuel contre moins de 5.000 pour certains d'entre nous", la phrase ce matin est sur toutes les lèvres. Mais ce qui irrite le plus les grévistes, c'est l'augmentation en deux ans du patron de PSA: 46% contre 6.7% pour les salariés Peugeot. Les ouvriers ne peuvent s'empêcher de faire la comparaison.

On l’imagine, l’effet est désastreux sur le terrain. Mais après un regain, le 12 octobre, l’évacuation de la Forge de Mulhouse occupée par des ouvriers est décidée. La grève s’achève sur la promesse de réintégration de tous les salariés.

Le débat sur la rémunération des grands patrons s’éteint lui aussi. Il renaîtra bientôt, avec depuis 2003 la publication des salaires des patrons des entreprises cotées. Ce qui n’a pas empêché leur inflation. Jacques Calvet gagnait alors 30 fois le salaire d’un ouvrier d’une de ces usines. La rémunération doublée de Carlos Tavares représente plus de 200 fois le salaire d’un ouvrier.

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