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Histoires d'info. La question du retour des réfugiés palestiniens est née en 1948

Des milliers de Palestiniens ont poursuivi lundi, leur mouvement en faveur du droit au retour des réfugiés. Cette question renvoie aux origines mêmes de l'État d'Israël.

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Des manifestants lors de \"La Marche pour la Palestine\" à Paris le 16 mai 1998.
Des manifestants lors de "La Marche pour la Palestine" à Paris le 16 mai 1998. (JACK GUEZ / AFP)

Après plusieurs mois d’atermoiements de la communauté internationale et de tensions très graves entre Juifs et Arabes dans ce qui était encore la Palestine mandataire - officiellement contrôlée par le Royaume-Uni depuis 1923 - Israël proclame unilatéralement son indépendance le 14 mai 1948, en se référant au plan de partage de l’ONU, voté à la fin du mois de novembre 1947. Ce plan avait été immédiatement rejeté par les pays de la Ligue arabe. Dès son adoption, ces derniers ont proclamé qu’ils prendront "toutes les mesures nécessaires pour en empêcher la mise en œuvre".

L'offensive de la Ligue arabe

Ils mettent leur menace à exécution dès le 15 mai 1948, le lendemain même de la naissance de l’État d’Israël. Des corps expéditionnaires égyptiens, syriens, irakiens et transjordaniens attaquent le nouvel État. "Les Actualités françaises" y reviennent le 3 juin 1948. "Échos du dame palestinien, annonce le présentateur. Tandis que les forces irakiennes et égyptiennes marquent d'importants succès dans le sud et au centre du pays, les éléments juifs résistent avec succès aux attaques arabes dans la région de Saint-Jean-d'Acre. On sait que les deux parties étudient actuellement les propositions de l'ONU relative à une trêve de quatre semaines qui permettrait, dans l'esprit des conciliateurs, de régler par des voies pacifiques cet ancien et douloureux conflit."


"Ancien et douloureux conflit"... Et ce n’était que le début. C'était aussi le début de cette guerre d’indépendance gagnée par Israël, qui va produire ce que les Palestiniens ont appelé la "nakba", c'est-à-dire le désastre, la catastrophe : ces centaines de milliers de Palestiniens qui ont dû fuir leurs villages. Beaucoup sont partis dès le début du conflit pour échapper aux combats, encouragés par les forces arabes. Cela devait être pour une courte durée. Notons aussi que, dans le même temps, des centaines de milliers de Juifs quitteront les pays musulmans d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (500 à 600 000 au total, jusqu’aux années 1970). 

Un droit garanti par l'ONU

L'exode des Arabes de Palestine, lui, a concerné environ 725 000 des 900 000 Arabes palestiniens vivant dans les territoires formant Israël à l'issue de la guerre. Après la guerre qu'ils ont passée, le plus souvent, dans des camps de réfugiés, ils font valoir leur droit au retour. Ce droit est garanti par la résolution 194 des Nations unies, votée en décembre 1948 : "Les réfugiés souhaitant retourner dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins pourraient être autorisés à le faire à une date aussi rapprochée que possible", dit le texte précisant que, "ceux qui décideraient de ne pas rentrer devraient être indemnisés de leurs biens". Cette résolution est restée lettre morte depuis plus de 70 ans. Entre-temps, le nombre de réfugiés palestiniens est passé de 725 000 à 5 millions.

Des manifestants lors de \"La Marche pour la Palestine\" à Paris le 16 mai 1998.
Des manifestants lors de "La Marche pour la Palestine" à Paris le 16 mai 1998. (JACK GUEZ / AFP)