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Histoires d'info. Aux États-Unis, l'arrestation de deux Noirs dans un Starbucks renvoie aux heures sombres de la ségrégation

Les deux ont hommes ont été arrêtés dans un café Starbucks de la ville de Philadelphie sans raison apparente, en avril. L'enseigne ferme ses cafés mardi pour former ses employés contre le racisme.

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Des membres du réseau interreligieux Interfaith Power and Light qui manifestent à la suite de l\'arrestation injustifiée de deux Africains-Américains dans un café Sarbucks, le 16 avril à Philadelphie, aux États-Unis. 
Des membres du réseau interreligieux Interfaith Power and Light qui manifestent à la suite de l'arrestation injustifiée de deux Africains-Américains dans un café Sarbucks, le 16 avril à Philadelphie, aux États-Unis.  (BASTIAAN SLABBERS / EPA / MAXPPP)

Les 8 000 cafés Starbucks des États-Unis sont fermés, mardi 29 mai. La chaîne organise une gigantesque journée de formation pour sensibiliser l'ensemble de son personnel aux questions de discrimination. Une réaction aux scandales du mois dernier dans un café de la chaîne à Philadelphie. Deux hommes noirs ont été arrêtés par la police, le 12 avril, alors qu'ils n'avaient absolument rien fait. Ils attendaient simplement un ami avant de passer commande.

Toute la journée, mardi, les salariés de Starbucks vont réfléchir sur les préjugés, voire raconter eux-mêmes leurs expériences. Une manière d’éteindre l’incendie ? Cela y ressemble tant le scandale a été énorme.

D’autant que cette histoire surgit après pas mal de cas scandaleux, avec comme point commun l’appel à la police pour déloger des Africains-Américains dont on considère que la présence n’est pas légitime, voire dangereuse.

Ce sont par exemple des policiers appelés pour déloger cinq joueuses de golf noires qui jouaient trop lentement ; un policier appelé pour une étudiante qui s’endort dans les parties communes de l’université de Yale (Connecticut) ; des policiers pour exclure deux Noirs d’une salle de sport de Los Angeles, idem pour un barbecue dans un parc en Californie.

Les préjugés raciaux plus forts que les droits civiques

Cela peut rappeler, cette fois sans pancarte, les fameux lieux "Whites Only" que l’on trouvait un peu partout dans le sud des Etats-Unis entre les années 1870 et les années 1950. Une période post-esclavage où l'on avait instauré une ségrégation raciale de fait et justifié légalement par les "lois Jim Crow". Une série d'arrêtés et de règlements validées par l’arrêt de la Cour suprême de 1896 "Plessy vs Ferguson" et le fameux principe "Separate but Equal" (séparés mais égaux) qui permettait de ne pas remettre en cause l’égalité entre les citoyens mais de justifier l’interdiction de certains lieux aux Noirs.

Des magasins, un parc, une université... L'intervention de la police dans ces lieux publics pour déloger des Noirs rappelle la profondeur de la question raciale aux États-Unis. La National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), une association qui se bat pour les droits civiques depuis 1909, sait bien qu’il s’agit peut-être de l’ultime combat à mener après les grandes avancées juridiques des années 1950 et 1960. Un ultime combat contre des préjugés qui ont des conséquences humaines mais aussi économiques et sociales majeures. Un ultime combat qui est aussi le plus dur à gagner.

Des membres du réseau interreligieux Interfaith Power and Light qui manifestent à la suite de l\'arrestation injustifiée de deux Africains-Américains dans un café Sarbucks, le 16 avril à Philadelphie, aux États-Unis. 
Des membres du réseau interreligieux Interfaith Power and Light qui manifestent à la suite de l'arrestation injustifiée de deux Africains-Américains dans un café Sarbucks, le 16 avril à Philadelphie, aux États-Unis.  (BASTIAAN SLABBERS / EPA / MAXPPP)