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Manifestations au Burkina Faso : à la recherche d'un nom et d'un symbole

Certains opposants parlent déjà "d'un printemps noir" et érigent le lwili, le pagne national en symbole des manifestations. Mais les deux ne sont pas récents.

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(Des milliers de manifestants réunis à Ouagadougou le jeudi 30 octobre 2014 © Maxppp)

La prise d'assaut du Parlement, la dissolution du gouvernement, l'annonce de l'état de siège puis la prise de pouvoir de l'armée qui engage une période de transition d'un an : la journée du 30 octobre, au Burkina Faso comme ailleurs dans le monde, a aussi eu un large écho sur les réseaux sociaux, notamment avec les hashtags ,  ou . Des réseaux qui ont été aussi un relais pour attribuer un nom et un symbole aux émeutes. Chaque mouvement populaire, chaque révolution reprend à son compte les codes du marketing. Au Burkina Faso, les manifestants optent pour la récupération.

Emile Pargui Paré, un opposant au régime de Blaise Compaoré parle ainsi de "Printemps noir" en référence aux différents printemps arabes. Si la nature du mouvement reste encore incertaine, il s'est avéré par le passé que plus vite un nom est donné, plus vite le mouvement peut espèrer avoir un écho dans le monde, notamment sur les réseaux sociaux. Seulement, le printemps noir est déjà le nom de deux évènements : les violentes émeutes en Kabylie, au nord de l'Algérie, qui ont débuté au printemps 2001 ou encore la répression à Cuba en 2003 contre des dissidents politiques.

Après un nom, un symbole

Après les parapluies d'Hong Kong, les chaussures brandies par les manifestants anti-Moubarak en Egypte ou les oeillets au Portugal, le lwili, un foulard traditionnel composé de motifs imprimés d'hirondelles, est devenu le mot-clé sur Twitter pour suivre les événements au Burkina Faso en temps réel. Ces derniers jours, les manifestants à Ouagadougou arboraient également des balais, comme le nom du collectif "Le Balai Citoyen" qui souhaite "balayer Blaise et sa mal-gouvernance", ou des spatules. Ces dernières étaient particulièrement utilisées par les femmes allant manifester.

 

Si le symbole du twili semble l'emporter, il faut chercher l'explication en ligne. Lwili veut également dire "oiseau" en mooré, une des langues principales du Burkina Faso. Oiseau, comme l'oiseau de Twitter. Le hashtag "Lwili" n'est pas né ces derniers jours. En 2013, il avait déjà été choisi comme un mot-clé récurrent par les personnes les plus influentes au Burkina Faso sur le réseau social. Avec les hashtags lwili ou Team226 (en référence à l'indicateur téléphonique du Burkina Faso), il servait déjà à indexer les conversations sur l'actualité burkinabé.

(Des milliers de manifestants réunis à Ouagadougou le jeudi 30 octobre 2014 © Maxppp)