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franceinfo golf. Les golfeuses françaises défavorisées en termes de gains et peu médiatisées

A l'occasion de l'opération "Sport Féminin Toujours" sur les antennes de Radio France, ce samedi et demain dimanche 10 février, franceinfo se penche sur le golf professionnel au féminin. Les saisons se suivent et se ressemblent pour les joueuses françaises au plus haut niveau. Comparé aux hommes, les tricolores peinent plus que jamais à vivre de leur sport.

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Les golfeuses françaises vivent très peu de leur sport et le circuit féminin européen souffre d\'un manque d\'exposition médiatique
Les golfeuses françaises vivent très peu de leur sport et le circuit féminin européen souffre d'un manque d'exposition médiatique (STOCKSTUDIOX / E+ / GETTY IMAGES)

En dehors de l'Eldorado américain point de salut. On peut résumer ainsi le contexte du golf professionnel pour les françaises. Quasiment aucune des joueuses engagées uniquement sur le circuit européen n'est en mesure de subvenir seule à ses besoins. Il n'y a pas assez de tournois féminins sur le circuit européen, une quinzaine de dates et les gains sont trop faibles.

40 000 euros minimum pour financer une saison

"Aujourd'hui en dehors des tournois majeurs, la dotation va être de 200 000 euros, et la vainqueure gagne 16%", explique Maïtenan Alsuguren, directrice technique nationale adjointe en charge du haut niveau féminin à la fédération française de golf. "Chez les messieurs, sur le tour européen, les petits tournois tournent autour d'un million 200 000 euros donc le calcul est rapide à faire sur la différence de gain."

Il faut compter 40 000 euros minimum pour fonctionner sur une saison et bien plus pour être performante, et s'attacher les services d'un staff, cadet, entraîneur, préparateur physique et mental, pour espérer franchir un cap et gagner de grands tournois.

Des gains multipliés par 10 aux États-Unis

Sur les 13 joueuses engagées sur le circuit européen, elles ne sont que cinq ou six à pouvoir vivre de leur sport, car elles ont aussi accès au circuit américain qui récompense mieux les joueuses en termes de gains car la médiatisation est au rendez-vous.

"Il faut multiplier par 10 les niveaux de gain. Par exemple, lorsque vous terminez à la 80e place du LPGA vous avez un niveau de gain situé entre 300 000 et 350 000 dollars", ajoute Maïtena Alsuguren. "Quand vous finissez top 80 sur le Ladies european tour vous êtes autour de 20 à 30 000 euros. On multiplie par 10."

Contrairement aux États-Unis, le circuit féminin européen souffre d'un manque d'exposition médiatique et donc de soutien des sponsors. Mais à la décharge des médias et des diffuseurs, les résultats des françaises ne permettent pas d'enclencher le cercle vertueux qui permettrait de séduire de nouvelles pratiquantes.

Les femmes ne représentent en effet que 30% des licenciées de la fédération. Ce n'est pas assez pour assurer le développement. Sur le plan de la formation, il reste aussi des efforts à faire pour améliorer l'appréhension du très haut niveau. Le golf est encore loin du tennis. À Roland Garros, joueurs et joueuses bénéficient des mêmes primes.

Les golfeuses françaises vivent très peu de leur sport et le circuit féminin européen souffre d\'un manque d\'exposition médiatique
Les golfeuses françaises vivent très peu de leur sport et le circuit féminin européen souffre d'un manque d'exposition médiatique (STOCKSTUDIOX / E+ / GETTY IMAGES)