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Expliquez-nous... Les langues régionales en France

Alors que se tient ce soir aux Pays Bas le Liet International, concours de chant en langues régionales, calqué sur l'Eurovision, focus de franceinfo sur les langues régionales en France

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Unes, en picard et en français, du quotidien régional \"Le Courrier Picard\"
Unes, en picard et en français, du quotidien régional "Le Courrier Picard" (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Depuis 1992, l'article deux de la Constitution française stipule que "la langue de la République est le français », mais la Constitution dit aussi -et cela a été introduit en 2008- que les "langues régionales appartiennent au patrimoine de la France".

En 2001, la Délégation générale à la langue française -service interministériel rattaché au ministère de la culture- a été rebaptisé "délégation à la langue française et aux langues de France" et a désormais parmi ses missions la promotion de notre diversité linguistique.

Au moins 75 langues régionales en France

En avril 1999, un rapport distinguait les langues "territoriales" -rattachées à une zone géographique"- et les langues "dépourvues de territoire".

L'auteur, le linguiste Bernard Cerquiglini, arrivait à un total de 75 langues: 14 en France métropolitaine : dialecte allemand d'Alsace et de Moselle, basque, breton, catalan, corse, flamand occidental, francoprovencal, occitan, langues d'oïl -qui regroupent franc-comtois, wallon, picard, normand, gallo, poitevin-saintongeais, bourguignon-morvandiau et lorrain, auxquel s'ajoutent le berbère, l'arabe dialectal, le yiddish, le romani -langue parlée par les tsiganes- et l'arménien occidental.

S'y ajoutent par ailleurs toutes les langues d'Outre-Mer, qui représentent les deux-tiers des langues régionales (des créoles guadeloupéen, martiniquais, guyanais, ou réunionnais aux vingt huit langues canaques, au mahorais, malgache de Mayotte  tahitien, marquisien, langue des Tuamotu, mangarévien, langues des Iles Australes (Polynésie française); wallisien, futunien (Wallis et Futuna), ou aux douze langues parlées en Guyane. 

Une transmission spontanée qui se perd

Une étude menée à l'occasion du recensement 1999 concluait qu'un quart des adultes qui vivent en métropole ont reçu de leurs parents une langue autre que le français (dans la moitié des cas une langue régionale) mais qu'un tiers seulement de ces adultes a à son tour transmis cette langue à ses enfants.

D'où l'importance, pour les défenseurs des langues régionales, de renforcer les possibilités d'enseignement des langues régionales, ce qui a été fait dans le cadre de la loi pour la refondation de l'école en 2013. 

Cette loi précise entre autres que "les langues et cultures régionales appartenant au patrimoine de la France, leur enseignement est favorisé prioritairement dans les régions où elles sont en usage"

L'enseignement des langues régionales a concerné en 2013/2014 -dernières dates disponibles- plus de 400.000 élèves, secteurs public et privé confondus.

Une Charte européenne des langues régionales ou minoritaires non ratifiée

Pour autant, la France n'a pas ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, ce traité européen destiné à protéger et favoriser les langues régionales. La France l'a signée en 1999, envisageait de s'engager à appliquer 39 articles sur 98. L'Assemblée nationale a adopté en 2014 un amendement constitutionnel qui aurait permis la ratification de la charte, mais le Sénat l'a en 2015 rejeté.

Unes, en picard et en français, du quotidien régional \"Le Courrier Picard\"
Unes, en picard et en français, du quotidien régional "Le Courrier Picard" (PHILIPPE HUGUEN / AFP)