En route vers Paris 2024, France info

En route vers Paris 2024. Le cri des guerriers

Cécilia Berder, membre de l'équipe de France d'escrime, revisite l'actualité olympique en vue des Jeux de Paris en 2024.

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Taekwondo. JO Rio de Janeiro, Brésil. 18 août 2016. Le russe Alexey Denisenko contre le jordanien Ahmad Abughaush catégorie 68kg. 
Taekwondo. JO Rio de Janeiro, Brésil. 18 août 2016. Le russe Alexey Denisenko contre le jordanien Ahmad Abughaush catégorie 68kg.  (LAURENCE GRIFFITHS / GETTY IMAGES)

L’open de France de taekwondo se tiendra du 16 au 18 novembre au stade Pierre de Coubertin

Impossible d’évoquer le taekwondo, héritier de plusieurs arts martiaux coréens, sans parler du kiap : le cri des combattants. Dans ce sport, chaque mouvement est accompagné d'un cri qui permet de concentrer sa force au moment de la frappe, comme si à l'expiration, l’athlète libérait toute l'énergie accumulée.

Ce cri vient de l'intérieur et prend naissance au niveau du ventre. Chacun a son propre kiap. Pour la française Anne-Caroline Graffe, vice championne olympique de taekwondo à Londres en 2012, "le kiap sert aussi à marquer les esprits, à montrer qu'on est prêt au combat. Quand je mets un coup au visage ou un coup fort à mon adversaire, un kiap impressionnant peut me placer en dominant. Le kiap est aussi indispensable pour réguler mon souffle. Quand je crie, je souffle et cela m’évite d’être en apnée."

Crier, un atout pour le sportif

Il existe de nombreux sports où les athlètes sont amenés à crier : en escrime, dans les sports de lancers, les sports de raquette, en haltérophilie… Au tennis, les cris à plus de 100 décibels de Maria Sharapova ou Monica Seles auront marqué les esprits.

Au-delà de perturber les adversaires, crier présente de nombreux avantages pour le sportif. D'un point de vue psychologique, à travers un cri, c'est l'instinct animal qui se révèle. C'est le signe d'une grande détermination. L'athlète va au bout de son geste, au bout de l'effort. C'est aussi très positif d'un point de vue physique.

Selon une étude britannique, lorsque l'on crie, la gorge de l'athlète se rétrécit, l'expiration est forcée, on contrôle mieux notre larynx, un peu d'air se bloque dans les poumons, ce qui améliore notre gainage et notre équilibre. Crier est aussi très efficace du point de vue du système nerveux car cela libère de l'adrénaline, ce qui permet de développer plus de force.

  Crier, utile pour notre quotidien  

Si votre instinct animal ne vous donne pas d’envie particulière de crier, forcer son cri peut tout aussi bien aider à activer votre détermination, votre concentration et l'esprit de combat. Il n'y a qu'à regarder les All Blacks au rugby avant chaque match lorsqu’ils crient avec leur fameux haka.

Crier peut même s’avérer utile dans la vie de tous les jours. Pousser un haka en plein milieu de la rue peut paraître difficilement envisageable. Mais, en laissant la part d'agressivité aux rugbymen néo-zélandais, le cri doit être visualisé comme des techniques de respiration auxquelles on ajoute un son. Ces techniques permettent de relâcher la pression, de se libérer d’un poids et de rassembler toute l'énergie en un seul mouvement.

Taekwondo. JO Rio de Janeiro, Brésil. 18 août 2016. Le russe Alexey Denisenko contre le jordanien Ahmad Abughaush catégorie 68kg. 
Taekwondo. JO Rio de Janeiro, Brésil. 18 août 2016. Le russe Alexey Denisenko contre le jordanien Ahmad Abughaush catégorie 68kg.  (LAURENCE GRIFFITHS / GETTY IMAGES)