En direct du monde, France info

Les deux Corées se reparlent à Panmunjeom, près de l'étrange "village de la réunification"

Pour la première fois depuis 2015, la Corée du Nord et la Corée du Sud ont repris mardi des discussions officielles. Elles se tiennent à la frontière, la fameuse zone démilitarisée (DMZ), près d'un village très particulier que franceinfo a pu visiter.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
avatar
franceinfoFrédéric OjardiasRadio France

Mis à jour le
publié le

En haut de ce mont près de la zone démilitarisée où se tiennent les discussions du 9 janvier, un poste militaire nord-coréen et au pied, une position sud-coréenne.
En haut de ce mont près de la zone démilitarisée où se tiennent les discussions du 9 janvier, un poste militaire nord-coréen et au pied, une position sud-coréenne. (ED JONES / AFP)

Pour la première fois depuis 2015, la Corée du Nord et la Corée du Sud se sont reparlées officiellement mardi 9 janvier. Cette reprise du dialogue se tient à la frontière intercoréenne, la fameuse zone démilitarisée (DMZ) que franceinfo a pu récemment visiter.

Les pourparlers ont lieu à Panmunjeom

Ce secteur est le seul point de contact entre les deux Corées. C'est un lieu sous tension où les soldats du Sud et du Nord se font directement face, les armes à la main. C’est aussi à Panmunjeom qu’un soldat nord-coréen a réussi le mois dernier une défection spectaculaire, parvenant à passer au Sud alors que ses camarades lui tiraient dessus à bout portant. Tout autour, ce ne sont que barbelés, champs de mines, miradors et casernes. À quelques kilomètres seulement de Panmunjeom, existe aussi un étrange village, baptisé "village de la réunification". Quelque 200 habitants y vivent dans des maisonnettes, à proximité d'une église et d'une école primaire. La visite est menée sous l'escorte d’un soldat qui n’a pas le droit de donner son nom. "Ça, c’est l’abri anti-bombes qui vient d’être construit. Juste à côté, il y a le vieux bunker qui date de la création du village", indique le militaire, précisant que la zone est interdite aux civils.

Les seules personnes autorisées à vivre ici sont des familles choisies pour leur indéfectible esprit anticommuniste. Elles se voient offrir divers avantages, comme des exemptions fiscales.

Un militaire sud-coréen

à franceinfo

La fondation de ce village qui vit essentiellement de la culture du riz, du soja et du ginseng remonte à 1973, explique le soldat chargée de la visite guidée. "C'était une sorte de déclaration adressée au Nord", ajoute-t-il.

La Corée du Nord à quelques centaines de mètres

Depuis le village, on entend les émissions de propagande diffusées à plein volume par les deux Corées, qui s’invectivent par des haut-parleurs interposés. Cette proximité avec le voisin et ennemi nord-coréen ne semble pour autant pas inquiéter les habitants. Même lorsque les tensions avec le Nord sont vives, ils se disent sereins, comme cet agriculteur, rencontré dans la seule supérette du village, appelée elle aussi "supérette de la réunification". "La Corée du Nord est là, juste devant nous. On voit un village nord-coréen", montre-t-il, affirmant qu'il n'a aucune crainte, même en vivant "au beau milieu des tensions".

Si la guerre éclate, les bombes ne tomberont pas ici ! Elles nous passeront au-dessus. Ici, ce sera plutôt du combat au corps à corps.

Un habitant du "village de la réunification"

à franceinfo

Les pourparlers qui ont lieu quelques kilomètres plus loin ont un objectif modeste. Les deux Corées discutent notamment de la participation de Pyongyang aux Jeux olympiques en février en Corée du Sud, mais sur les questions fondamentales, telles que le nucléaire, Pyongyang restera inflexible. Séoul entend tout de même se servir de ce dialogue pour apaiser les tensions militaires, en espérant pouvoir aborder, plus tard, des questions autrement plus délicates.

En haut de ce mont près de la zone démilitarisée où se tiennent les discussions du 9 janvier, un poste militaire nord-coréen et au pied, une position sud-coréenne.
En haut de ce mont près de la zone démilitarisée où se tiennent les discussions du 9 janvier, un poste militaire nord-coréen et au pied, une position sud-coréenne. (ED JONES / AFP)