Face à la répression policière, des jeunes Iraniens rejoignent la résistance armée kurde en Irak

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Le mouvement de contestation se poursuit en Iran malgré la suppression de la très décriée police des mœurs. Un appel à la grève générale a été lancé pour trois jours et ce, malgré l’intensification de la répression policière. Et certains Iraniens kurdes partent rejoindre un parti d’opposition armé retranché en Irak.
Article rédigé par
Théo Renaudon, édité par Ariane Schwab - franceinfo
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Temps de lecture : 2 min.
Des combattants de la résistance iranienne kurde en Irak à l'entraînement (illustration). (MUSTAFA OZER / AFP)

Malgré la décision des autorités de supprimer la Gasht-e Ershad, la très décriée police des mœurs mise en cause dans la mort de Mahsa Amini le 16 septembre dernier, un appel à la grève générale a été lancée en Iran à partir de lundi 5 décembre pour trois jours afin de paralyser le pays. Les Iraniens ne faiblissent pas face la répression de la police qui s'intensifie. Les ONG parlent pourtant de plus de 300 morts.

>> Iran : la suppression de la police des mœurs est "cosmétique" et ne mettra pas fin au mouvement de protestation, estime une politiste iranienne

Face à cette violence, de jeunes Iraniens kurdes ont même décidé de rejoindre les rangs de la résistance du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran, le PDKI, un parti d’opposition armé retranché en Irak. Ils traversent les montagnes pour venir au Kurdistan d’Irak où se trouvent les camps militaires du PDKI. Ces jeunes recrues ont bien souvent participé aux manifestations. "J’ai participé aux premiers jours de soulèvement", raconte Kakaouat qui manifestait encore il y a encore quelques semaines. Aujourd’hui il fait ses premiers entraînements militaires dans les montagnes.

"Le troisième jour, je suis allé manifester avec trois autres amis. Et vous savez quoi ? Je suis rentré seul. Mes compagnons se sont fait tuer dans la manifestation."

Kakaouat, récente recrue du PDKI

à franceinfo

"Je savais que j’étais la cible d’après, explique Kakaouat. C’est ce qui m’a fait prendre la décision de partir et de venir me préparer au combat ici."

"Aujourd’hui, l’espoir n’a jamais été aussi puissant"

À en croire le régime de Téhéran, le PDKI envoie des armes aux manifestants de l’autre côté de la frontière et préparent une incursion armée en Iran. Une version fermement démentie par la résistance kurde. "Même si nous sommes un mouvement armée opposé à la république islamique, nous privilégions un soulèvement civil", affirme le chef des forces armées du PDKI Kawa Bahrami. 

"C’est le peuple qui doit mener cette bataille ! Tout notre combat est tourné vers la démocratie ! Pas question de mener une politique de coup d’État militaire."

Kawa Bahrami, chef des forces armées du PDKI

à franceinfo 

"Nous ne voulons pas donner raison au régime pour qu’il accentue encore plus sa répression sur notre peuple, ajoute celui que les Gardiens de la révolution d’Iran désignent comme l’ennemi n°1. Aujourd’hui l’espoir n’a jamais été aussi puissant dans le cœur des combattants kurdes. L’ensemble de l’Iran se soulève contre la république islamique. Ça va vraiment dans le bon sens : ce régime va s'écrouler. La population n’en veut plus. Ça nous conforte dans la lutte que nous menons ici." 

 Cet affrontement armé entre la résistance kurde et le pouvoir iranien se déroule malgré tout plutôt en Irak depuis le début du mouvement de contestation car Téhéran bombarde depuis septembre des camps abritant les familles des combattants kurdes hébergés sur le sol irakien. Le tout sous l'œil impassible de la communauté internationale.

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