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En Suisse, les Jeux olympiques de la jeunesse se veulent irréprochables

C'est la 6e édition de ces Jeux olympiques de la jeunesse. Un peu moins de 2 000 jeunes, âgés de 15 à 18 ans, y participent.

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La biathlète française Fany Bertrand, lors des Jeux olympiques de la jeunesse, le 14 janvier 2020.
La biathlète française Fany Bertrand, lors des Jeux olympiques de la jeunesse, le 14 janvier 2020. (BEN QUEENBOROUGH / OIS/IOC / AFP)

Les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) ont démarré il y a une semaine à Lausanne, en Suisse. Les JOJ, c'est comme les JO, mais pour les 15 à 18 ans. Près de 1 900 athlètes venus de plus de 80 pays y participent. Mais les JOJ, c'est surtout une sorte de laboratoire à idées pour le Comité international olympique (CIO).

Le programme est assez similaire des Jeux olympiques classiques. On retrouve des disciplines bien connues, comme le ski alpin, le biathlon, le saut à ski, le patinage de vitesse. Mais il y a aussi des sports qu'on ne retrouve pas dans les JO d'hiver, ou en tout cas pas encore. C'est le cas par exemple du ski alpinisme. C'est l'autre nom du ski de randonnée, où on alterne montée ski dans le dos ou fixés aux pieds avec des peaux de phoque pour adhérer à la pente et descente dans la poudreuse. Un test grandeur nature pour le CIO, qui songerait à inscrire le ski alpinisme au programme des JO d'hiver de Milan et Cortina d'Ampezzo en 2026.

Mais il y a aussi des compétitions plus expérimentales et surtout plus adaptés à des adolescents. On pense au hockey à trois contre trois sur des demi-terrains. Petit détail : les trois joueurs de chaque équipe viennent tous d'un pays différent. Une petite révolution dans le mouvement olympique, mais qui s'inscrit bien dans les JOJ, un événement qui mise moins sur la rivalité entre nations et sportifs mondialement connus que sur les notions de partage et de tolérance. C'est ce qu'on appelle "l'esprit olympique".

Parité et mixité

Il y a par ailleurs un respect scrupuleux de la parité : 940 sportifs, 940 sportives. On verra pour la première fois dans des Jeux une épreuve de combiné nordique féminine. Il y aussi beaucoup d'épreuves mixtes, comme par exemple en curling. Mixité aussi dans le hockey à trois où on aura donc des filles et des garçons, de nationalités différentes, dans la même équipe.

Si les JOJ sont paritaires, ils se veulent aussi écologiques. Pas question de véhiculer tout le monde en voiture individuelle sur les différents sites des épreuves, répartis dans trois cantons différents et dans le Jura français pour le ski de fond. Les athlètes se déplacent en train. Ils sont logés dans un même bâtiment, sorte de Colisée construit spécialement pour les Jeux et qui servira de résidence universitaire par la suite.

Canons à neige et tracteurs

Néanmoins, organiser un événement aussi important que des Jeux olympiques, même pour des 15-18 ans, n'est pas neutre en carbone. Surtout dans les Alpes, où le réchauffement est plus important qu'ailleurs en Europe. La neige manque d'ailleurs en ce début d'hiver. Le tracé de certaines pistes de ski a dû être modifié avant les épreuves. Les canons à neige ont tourné à plein régime. Pour le ski de fond, on a dû demander l'aide des agriculteurs pour qu'ils charrient de la neige avec leurs tracteurs...

Des organisations suisses de lutte pour le climat parlent de "blague" quand on évoque des Jeux durables. Quelques militants d’Extinction Rébellion ne se sont pas fait prier pour aller le clamer lors des épreuves de ski. Des militants qui manifesteront, d'ailleurs, vendredi à Lausanne, en plein JOJ, pour une nouvelle grève pour le climat aux côté de Greta Thunberg.

La biathlète française Fany Bertrand, lors des Jeux olympiques de la jeunesse, le 14 janvier 2020.
La biathlète française Fany Bertrand, lors des Jeux olympiques de la jeunesse, le 14 janvier 2020. (BEN QUEENBOROUGH / OIS/IOC / AFP)