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En direct du monde. L'Inde classé pire pays du monde pour les femmes

L'Inde décroche le titre de "pays le plus dangereux au monde pour les femmes" devant l'Afghanistan ou la Syrie. Selon un sondage réalisé auprès de plus de 500 experts du domaine, répartis dans le monde entier. Le tout compilé par la fondation Thomson Reuters.

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Rassemblement pour l\'élimination de la violence contre les femmes à Hyderabad le 24 novembre 2017.
Rassemblement pour l'élimination de la violence contre les femmes à Hyderabad le 24 novembre 2017. (NOAH SEELAM / AFP)

Les femmes ne seraient pas en sécurité en Inde. C'est le résultat d'un sondage qui se base sur les opinions de 548 experts des droits des femmes, qu'ils soient travailleurs sociaux ou chercheurs, réalisé auprès de plus de 500 experts du domaine, répartis dans le monde entier. Le tout compilé par la fondation Thomson Reuters.

Le pire pays pour les femmes dans trois  catégories 

Ces derniers devaient nommer les pays les plus dangereux pour les femmes, selon six critères, depuis l'accès à la santé jusqu'aux violences sexuelles en passant par la discrimination. C'est donc un classement subjectif, mais qui offre des tendances intéressantes : l'Inde est ainsi classé comme le pire pays pour les femmes dans trois des six catégories, concernant la violence sexuelle, la traite de personnes et les pressions culturelles. Cette dernière catégorie implique par exemple les attaques à l'acide, les mariages forcés ou les infanticides, trois formes de violence répandues en Inde.

La situation n'est pas homogène dans tout le pays

En 2011 l'Inde était classé à la 4e place. La situation s’est-elle dégradée ? Difficile à dire, car la situation n'est pas homogène dans ce pays-continent. Le mouvement de révolte sociale qui a fait suite au viol collectif d'une étudiante de Delhi, en 2012, a libéré la parole des femmes et forcé le gouvernement à punir ces crimes plus sévèrement. On peut maintenant être condamné à mort en cas de viol sur un mineur de 12 ans. De nouveaux crimes, comme celui d'attaque à l'acide, ont été introduits. Cela montre une certaine amélioration de la prise en compte de ces violences, et s'est traduit par une forte augmentation du nombre de plaintes.

Ces réformes ont eu un impact limité 

En effet, limité aux grandes villes, surtout, où la population est plus éduquée, libérale et se révolte contre la police si elle n'agit pas. Dans les campagnes, où vit la majorité de la population, le patriarcat règne encore sans garde-fou : les bébés de sexe féminins sont encore avortés voire tués après la naissance, les filles doivent arrêter l'école très tôt et peuvent être brûlées à l'acide si elles refusent les avances d'un amoureux. Et les politiciens locaux vont jusqu'à justifier ces comportements. Il faudra donc du temps, beaucoup de temps, pour que la condition des femmes indiennes s'améliore vraiment.

Rassemblement pour l\'élimination de la violence contre les femmes à Hyderabad le 24 novembre 2017.
Rassemblement pour l'élimination de la violence contre les femmes à Hyderabad le 24 novembre 2017. (NOAH SEELAM / AFP)