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En direct du monde. En Corée du Sud, le temps de travail est réduit à 52 heures par semaine

La durée maximale légale du travail en Corée du Sud est passée de 68 à 52 heures par semaine début juillet. Cette réforme, votée par le Parlement, vise à améliorer la qualité de vie des salariés coréens et à créer des emplois. Mais elle rencontre déjà des résistances.  

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Des employés s\'occupent de la livraison de colis et des envois express dans un bureau de poste à Séoul, en Corée du Sud, le 26 septembre 2017.
Des employés s'occupent de la livraison de colis et des envois express dans un bureau de poste à Séoul, en Corée du Sud, le 26 septembre 2017. (YONHAP / YNA / MAXPPP)

Depuis le 1er juillet, en Corée du Sud, la durée maximale légale du travail est passée de 68 heures par semaine à 52 heures dans les entreprises de plus de 300 salariés. Il s'agit d'une petite révolution dans un pays célèbre pour ses interminables journées passées au bureau. 

La Corée est en effet le troisième pays de l'OCDE, derrière le Mexique et le Costa Rica, où l'on travaille le plus selon ce classement (à noter qu'il ne prend pas en compte l'Inde ou la Chine). Les grands conglomérats coréens ont une culture d’entreprise très militaire, qui exige un dévouement absolu de la part des employés. Cette culture d’entreprise oblige souvent, par exemple, les salariés à rester le soir, assis à leur bureau, tant que leur chef n’a pas quitté le sien.

Et il n’est pas facile de changer des habitudes profondément ancrées. À titre d’exemple, la mairie de la capitale Séoul a décidé de couper l’électricité dans tous ses bureaux le vendredi soir à 19 heures, pour obliger ses fonctionnaires à cesser le travail et à rentrer chez eux. 

Un haut niveau de stress et un faible taux de fécondité

Les Sud-Coréens travaillent officiellement 2 024 heures par an en moyenne contre 1 514 heures en France. La conséquence, c’est une productivité horaire très faible, beaucoup de stress, et surtout une vie personnelle et familiale réduite au minimum.

Mais le gouvernement de centre-gauche, élu l’année dernière, a fait de la réduction du temps de travail l’un de ses chevaux de bataille. Le président Moon Jae-in veut défendre ce qu’il appelle "le droit au repos". Son gouvernement espère aussi créer des emplois, favoriser la consommation et relancer une natalité en berne, elle était de 1,05 enfant par femme l’année dernière.

La nouvelle loi qui limite à 52 le nombre maximal d’heures travaillées par semaine prévoit des peines allant jusqu’à deux ans de prison et 15 000 euros d’amende pour les patrons récalcitrants. Le parti démocrate au pouvoir a salué la mesure, en soulignant que "pendant des décennies, les Sud-Coréens ont souffert des effets secondaires de la croissance, tandis que les grandes entreprises seules en récoltaient les fruits".

Des résistances dans le monde de l'entreprise

Le gouvernement a néanmoins accepté une période d’adaptation de six mois, en réponse aux nombreuses résistances affichées par les employeurs. De nombreuses entreprises assurent qu’elles ne pourront en effet pas faire face à la hausse des coûts provoqués par la nouvelle loi, et que les salariés vont souffrir d’une baisse de leurs revenus.

Selon un récent sondage, 50% des Coréens interrogés redoutent aussi que leur employeur ne les fasse travailler aussi longtemps qu’auparavant, mais sans rémunérer leurs heures supplémentaires.

Il faut noter que c’est seulement en 2004 que les Sud-Coréens ont cessé de travailler le samedi. A l’époque, la mesure avait suscité des inquiétudes similaires. Mais elle avait permis de développer une culture des loisirs, sans pour autant, provoquer l’effondrement de l’économie nationale. 

Des employés s\'occupent de la livraison de colis et des envois express dans un bureau de poste à Séoul, en Corée du Sud, le 26 septembre 2017.
Des employés s'occupent de la livraison de colis et des envois express dans un bureau de poste à Séoul, en Corée du Sud, le 26 septembre 2017. (YONHAP / YNA / MAXPPP)