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Aux États-Unis, la trottinette électrique est désormais interdite à San Francisco

Faute de législation claire et en raison d'une certaine forme de nuisance sur la voie publique, les trottinettes électriques n'ont plus le droit de cité dans la ville américaine de San Francisco. 

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Un homme à trottinette dans un quartier de San Francisco (Californie).
Un homme à trottinette dans un quartier de San Francisco (Californie). (SMITH COLLECTION/GADO / ARCHIVE PHOTOS / GETTYIMAGES)

À San Francisco, les trottinettes électriques sont interdites depuis le 4 juin. Ces engins étaient un sujet de discorde depuis des semaines entre la mairie et les start-up qui permettent de les louer avec un smartphone.

Pas de législation claire, mais beaucoup d'engins sur les trottoirs 

Une application permet de trouver une trottinette disponible à proximité. Vous la débloquez en la scannant avec votre smartphone. La location coûte un dollar, puis 15 cents par minute. Vous pouvez rouler jusqu’à 25 km/h. Rappelons que le réseau de transports en commun aux Etats-Unis n’est pas aussi dense qu’en Europe. L’idée, c’est de s’en servir pour le "last mile", c’est-à-dire la distance entre une station de métro et votre bureau par exemple. Une fois arrivé à destination, vous la déposez où vous voulez. Contrairement au Vélib’, vous n’avez donc pas à garer la trottinette dans une station dédiée.

Les utilisateurs les laissent n'importe où...

Le dépôt, ici où là, des trottinettes est devenue un problème. Elles font un tabac depuis le début de l’année et vous en retrouvez un peu partout sur les trottoirs de San Francisco. La mairie en a récupéré des centaines qui bloquaient le chemin des piétons. Ils risquaient d'ailleurs de trébucher. De plus, les utilisateurs ne portent que rarement un casque, ce qui est pourtant obligatoire, et roulent sur les trottoirs, faisant fi de cette interdiction en Californie. Du coup, les trottinettes n’ont plus droit de cité depuis lundi. La mesure va s'appliquer jusqu’à ce que la ville formalise un programme pilote, adapté à ce nouveau mode de transport. Un permis d’exploitation devrait coûter 21 000 euros par an aux start-up qui commercialisent toutes ces trottinettes.

Trois start-up principales gèrent les trottinettes

Spin, LimeBike et Bird ont lancé leurs trottinettes à San Francisco et dans d’autres villes américaines. Bird a été créé l’an dernier mais vaut déjà un milliard de dollars. C’est ce qu’on appelle une "licorne" dans la Silicon Valley. Lyft et Uber s’intéressent aussi à ce marché naissant qui se développe un peu sur le modèle des VTC. En gros, comme le système est nouveau, la loi n’existe pas encore. Ainsi, les start-up profitent de ce vide juridique pour introduire sans autorisation leurs trottinettes en masse sur les routes sans autorisation, en espérant que leur popularité obligera les autorités à adopter une régulation favorable. Cela dit, à San Francisco, beaucoup voient les trottinettes comme un engin pour les ingénieurs de la Silicon Valley. Et ils n’ont pas forcément bonne presse. On leur reproche d’avoir causé l’explosion des prix du logement avec leurs salaires élevés.

Un homme à trottinette dans un quartier de San Francisco (Californie).
Un homme à trottinette dans un quartier de San Francisco (Californie). (SMITH COLLECTION/GADO / ARCHIVE PHOTOS / GETTYIMAGES)