Au Chili, une nouvelle Constitution à l'étude pour remplacer celle héritée de la dictature

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L'assemblée chilienne examine à partir de lundi une nouvelle Constitution attendue pour fin juin. Elle remplacera l'actuelle établie sous la dictature de Pinochet.

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Radio France
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Le Pereira Palace, à Santiago, où les 155 membres de l'assemblée vont écrire la nouvelle Constitution. (MARTIN BERNETTI / AFP)

Au Chili, depuis début juillet 2021 une assemblée constituante est chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour remplacer le texte actuel, hérité de la dictature du général Pinochet. Après avoir adopté son règlement, c'est à dire le cadre dans lequel les élus vont travailler, cette assemblée entame lundi 18 octobre les débats sur le contenu de la future Constitution. Plusieurs décisions prises ces dernières semaines devraient marquer la future Constitution, attendue pour l'année prochaine.

Les citoyens au coeur de la nouvelle Constitution

Des règles ont été établies pour garantir la participation des citoyens. Les droits des peuples autochtones mais aussi la représentation des femmes dans les instances de décisions ont été pris en compte. La militante féministe Alondra Carrillo est l'une des élues de l'assemblée constituante et selon elle "il ne doit pas y avoir de plafond à la présence des femmes, et cela se manifeste de la manière suivante : les directions des commissions sont donc paritaires, à l'exception de la commission de décentralisation, qui est dirigée par deux femmes." C'est aussi le résultat des mobilisations dans la rue, qui ont permis que cette assemblée constituante soit parfaitement paritaire et que des sièges aient été réservés aux peuples autochtones, une première au Chili.

La constituante entre dans le vif du sujet lundi 18 octobre, une date symbolique. Cette assemblée a été élue à la suite des manifestations historiques lancées contre les inégalités sociales il y a tout juste deux ans. Claudio Fuentes est professeur de sciences politiques à l'université Diego Portales et pour lui, la nouvelle Constitution devrait être plus à gauche que le texte actuel, hérité de la dictature de Pinochet. "La Constitution d'aujourd'hui reste plutôt néo-libérale, et on s'attend à ce que la nouvelle Constitution soit plus proche d'un modèle social-démocrate avec un État plus fort, plus de droits sociaux, une reconnaissance des droits des peuples autochtones, le droit au logement, qui n'existent pas dans la constitution d'aujourd'hui et puis probablement les droits de la nature et des animaux."

De nouvelles manifestations prévues

Le texte devrait être prêt fin juin, et sera ensuite soumis à référendum. D'ici là, les élus espèrent que le nouveau président, qui doit être élu à la fin de cette année, leur sera un peu plus favorable. Le gouvernement actuel, classé à droite, n'a pour l'instant pas donné à l'assemblée constituante tout le budget qu'elle demande et les collaborateurs des élus n'ont pas été payés depuis trois mois.

Pour l'instant un jeune candidat de gauche est donné favori de l'élection présidentielle. Ce lundi 18 octobre au soir, de nouvelles manifestations sont prévues dans les grands villes du Chili pour commémorer le deuxième anniversaire du mouvement social contre les inégalités.

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