Un nouveau tableau de Claude Monet à découvrir au musée d'Orsay : "Sur la falaise de Dieppe"

"Sur la falaise de Dieppe", un tableau de Claude Monet, est resté plus de 100 ans dans une collection privée. Acquis récemment par le musée d'Orsay à l'occasion d'une dation, il a fait l'objet d'une restauration complète et est désormais exposé au public.
Article rédigé par Marie Dupin
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Claude Monet, Sur la falaise de Dieppe (détail), 1897, huile sur toile, 65 x 92 cm, musée d'Orsay, Paris, 2023. (© Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Sophie Crépy)

Ce tableau de Claude Monet n’avait pas été exposé au public depuis plus de 100 ans. Intitulé Sur la falaise de Dieppe (1897), il représente un paysage marin, entre terre mer et ciel, et des tons roses et or pâle, aux premiers rayons du soleil.

La dernière fois que le grand public avait pu poser les yeux sur ces falaises, à la fois vertigineuses et rassurantes de quiétude, c’était en 1910. Pendant toutes ces années, le tableau était resté dans l’ombre d’une collection privée. Acquis par le musée d'Orsay, le tableau vient de rejoindre les collections nationales. Après une restauration complète ayant permis de lui retirer son vernis jauni et de lui redonner toute sa lumière, Sur la falaise de Dieppe est à présent exposé au public. Il appartient à l’une des dernières séries de Claude Monet, peintre de la nature éphémère, de ces paysages qui, comme l'écrivait Monet lui-même "n’existent pas en tant que paysages" puisque leur apparence change constamment, grâce à leur environnement, l’air et la lumière, "qui varient continuellement". Comme la vie. 

Un peintre "radical en tous points" 

Aussi fou que cela puisse paraître jusqu’à ce jour aucune biographie en langue anglaise n’avait été écrite sur Monet. C’est chose faite et son auteure, la journaliste britannique Jackie Wullschläger a été interviewée dans le Financial Times au sujet de son livre. Elle explique comment Monet, ce "petit garçon qui dérailla à la mort de sa mère" a "redéfini notre façon de voir le monde", de l’estuaire du Havre à Paris via Giverny, et Argenteuil, mais aussi en passant par la Riviera.

Un peintre dont Cézanne disait "ce n’est qu’un œil, mais bon Dieu, quel œil", "comme si l’homme avait disparu dans le ravissement de l’œuvre". Pourtant, écrit l’auteure "il n’y a guère eu d’artistes plus dans l’émotion que lui". Raison pour laquelle Monet peignait "le quotidien et le monde qui l’entoure, et non l’histoire, la religion ou la mythologie".

Une peinture marquée par les femmes ayant partagé sa vie, lui qui "cherchait l’égalité dans ses relations amoureuses", un peintre athée passionné de cathédrales, activement engagé dans l’affaire Dreyfus contre ses amis Renoir et Degas, des "antisémites enragés". Un peintre "radical en tous points", qui trouvait "les sources de sa radicalité dans l’intensité de ses sentiments".

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