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Chroniques du ciel. Assises du transport aérien : il faut améliorer la compétitivité

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Avec les assises du transport aérien, le ministère des Transports veut redonner des couleurs aux compagnies françaises qui souffrent d'un déficit de compétitivité.

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Un avion en phase d'atterrissage au Bourget (MAXPPP)

Pour tenter de redonner des couleurs au pavillon français, en perte de vitesse, le gouvernement va organiser des assises du transport aérien.

Le pavillon français va mal 

Il voit chaque année sa part de marché fondre comme neige au soleil, désormais relégué au second plan dans la hiérarchie mondiale. Aujourd’hui, la part de marché des ailes françaises dans l’hexagone ne représente plus que 42% contre plus de 60% en 2000.  

Nos compagnies souffrent d’un déficit de compétitivité chronique. Et même si elles affichent depuis quelques temps des résultats positifs, à commencer par Air France, il ne faut pas se tromper, c’est essentiellement dû aux coûts du pétrole qui restent relativement bas et à la timide reprise économique du pays.  

Pour tenter d’inverser cette tendance, le gouvernement organise à partir de la fin du mois et jusqu’à l’automne prochain, les assises du transport aérien. C’est une première pour ce secteur qui représente près de 100 000 emplois directs et 2,4% du PIB.  

Reconnaître l'aspect stratégique du transport aérien 

La première des choses sera d’abord que l’État reconnaisse enfin le transport aérien comme stratégique, facteur de développement économique, et qu’il ne le considère plus comme une vache à lait, au prétexte que le secteur brasse des millions d’euros ou de dollars.  

L’un des principaux sujets abordés devrait donc être celui des charges sociales en France, qui ne permettent pas aux compagnies hexagonales de se battre à armes égales avec leurs concurrentes européennes notamment. C’est flagrant lorsque l’on compare les résultats d’Air France et ceux de KLM, de Lufthansa, ou de British Airways.  

Les redevances aéroporturaires et les coûts de la sûreté

La question des redevances aéroportuaires et des taxes propres au transport aérien risquent également d’animer les débats de ces assises. On parle notamment de la fameuse taxe Chirac, taxe de solidarité qui sert à financer les programmes de santé dans les pays en voie développement, payée essentiellement par les compagnies françaises.

Enfin, les coûts de la sûreté, mission régalienne, seront aussi au cœur des débats, entièrement financés par les compagnies et par conséquent par les passagers. Au cours de ces dernières années, de nombreux rapports ont déjà mis en avant les difficultés des compagnies françaises.

En 2013, le rapport de Claude Abraham, ex-patron de la direction de l’aviation civile, celui de l’ancien député Bruno Leroux, deux ans plus tard, ou celui de la Cour des comptes. Malheureusement, leurs recommandations, exceptées une ou deux mesures n’ont jamais été suivies des faits.  

Espérons pour les ailes françaises que ces assises aboutiront à des mesures concrètes. Dans le cas contraire, ce sont près de 16 000 emplois et plusieurs compagnies qui pourraient encore disparaître au cours des cinq prochaines années, selon la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande.  

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