Salaires : la surqualification n’a pas les mêmes conséquences pour les femmes et pour les hommes

Les employeurs ont souvent peur des candidats qui ont trop de diplômes pour un poste. Pourtant, selon une étude américaine, cette surqualification n’a pas les mêmes conséquences pour les femmes et pour les hommes.
Article rédigé par Philippe Duport
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Un groupe de femmes et d'hommes parlent ensemble  dans le hall d'une entreprise. (FREDERIC CIROU / MAXPPP)

Les recruteurs se méfient des candidats surqualifiés pour un poste. Ils ont tendance à penser que ces derniers vont quitter rapidement l’entreprise pour un poste qui sera vraiment à leur mesure. Pourtant, une étude menée par la Harvard Business Review montre qu’il n’en va pas de même pour les hommes que pour les femmes. La surqualification chez les femmes fait moins peur. Elle serait même nécessaire pour que les femmes décrochent le poste désiré et qu’elles surmontent les stéréotypes qu’on leur colle à la peau.

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Des chercheurs en sont arrivés à cette conclusion en créant deux profils de candidats pour un poste d’analyste dans une grande banque d’investissement. L’un des deux profils disposait des qualifications requises, sans plus, tandis que l’autre était clairement surqualifié pour le job. Et pour chacun de ces profils, ils ont créé une version masculine, qu’ils ont appelé Thomas, et une version féminine, baptisée Sarah. Ils ont ensuite interrogé des responsables de recrutement expérimentés pour savoir à qui ils auraient tendance à donner le poste.

Avoir plus de qualifications qu’il n'en faut vraiment

Et c’est là que sont apparues les différences : les recruteurs ont mis en avant l’engagement possible de chacun des candidats vis-à-vis de son entreprise. Pour Thomas, ils n’avaient pas de doute sur son engagement, quel que soit son niveau de diplômes. Ils ne craignaient pas qu’il ne parte à la première occasion. En revanche, pour Sarah, les recruteurs, pourtant chevronnés, l’ont perçue différemment. Ils pensaient que la Sarah surqualifiée se consacrerait à la carrière, parce qu’elle avait déjà prouvé ses efforts en décrochant des diplômes de haut niveau. La Sarah tout juste qualifiée pour le poste était au contraire soupçonnée de vouloir ralentir dans sa carrière et se consacrer à sa famille.

Les chercheurs concluent que les femmes doivent avoir plus de qualifications qu’il n’en faut vraiment pour surmonter les stéréotypes de genre qui les poursuivent, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour les femmes.

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