Réforme de l'assurance-chômage : vers un retour plus rapide à la dégressivité des allocations des cadres sans emploi

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La réforme de l'assurance-chômage entre en vigueur vendredi, avec un nouveau calcul de l'indemnité. Mais pour les cadres, une autre date est à surveiller. À priori ce sera d'ici le 1er décembre pour un durcissement des conditions de dégressivité de leurs allocations.

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Un cadre à son bureau. (ODILON DIMIER / MAXPPP)

Pour les cadres, la réforme de l'assurance-chômage s'applique déjà avec un retour à la dégressivité de leurs allocations. Une perte de 30% au bout d'un certain temps de couverture. Depuis le 1er juillet, les cadres de moins de 57 ans qui ont perdu un emploi qui leur rapportait au moins 4 500 euros brut de salaire mensuel sont d'ores et dejà assurés que leurs revenus baisseront. Mais seulement dans neuf mois. Concrètement, un cadre dans cette situation et qui était déjà au chômage au 1er juillet verra son allocation baisser de 30% au 1er mars prochain.

Cela va changer avec une version dure de la réforme. Une date à garder en tête est celle du 1er décembre. Avant cette date, le gouvernement devrait décider de raccourcir de délai de neuf mois pour le porter à sept mois. Les allocations devraient donc baisser plus rapidement, toujours de 30% maximum. Cette décision dépend de l'amélioration de la conjoncture économique. Mais il n'y a pas beaucoup de suspense. Les conditions sont réunies. La dégressivité au bout de sept mois est donc plus que probable.

Les cadres vont y perdre

Le gouvernement assure que les cadres sont une population favorisée et que le montant trop généreux de leurs allocations chômage ne les incite pas à chercher un travail. Cette position est contestée par tous les syndicats. Et en particulier par la CGT des cadres, l'UGICT. "Il y a de nombreuses études qui montrent que ça n'a jamais favorisé le retour à l'emploi et que son seul impact c'est du déclassement et du turn over. Pourquoi ? Parce que ça force des cadres à prendre des boulots pour lesquels ils ne sont pas qualifiés et qui ne correspondent pas à leurs attentes, qui du coup se substituent à des salariés moins diplomés qui auraient souhaité avoir ces métiers-là et qui évidement ne vont pas rester dans la durée sur ces métiers et vont bouger après", explique Sophie Binet, co-secrétaire générale de l'UGICT.

"C'est évidement un  très mauvais calcul, poursuit-elle, et c'est un signal très négatif parce que c'est faire comme si il y avait des cadres qui faisaient exprès pour rester au chômage pour profiter d'allocations chômage soi-disant confortables et c'est faire comme si les cadres étaient particulièrement favorisés." Les syndicats soulignent aussi que les cadres, qui cotisent plus avec la hausse de la CSG, sont ceux qui vont avoir droit à moins.

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