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Rallonger le temps de travail n'est pas un gage d'efficacité

On parle beaucoup de temps passé à travailler ce mercredi avec les propositions du Medef. Mais toutes les études montrent que la longueur du temps passé au travail n'est pas un gage d'efficacité. La productivité dépend notamment de la façon dont on organise le temps de travail.

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(La méthode Pomodoro, du nom du minuteur de cuisine, propose une pause de 5 minutes toutes les 25 minutes © Fotolia)

Une étude lettone préconise des périodes de travail intenses de 52 minutes puis de longues pauses de 17 mn. Un rythme similaire à ce que toutes les études sur l'efficacité au travail préconisent. Le code du travail en France prévoit une pause obligatoire de vingt minutes toutes les six heures. Beaucoup de salariés ont plus de souplesse dans l'organisation de leur temps de travail, mais dans tous les cas, vingt minutes de pause toutes les six heures c'est loin d'être suffisant pour être efficace.

52 min de travail puis 17 min de pause

La "martingale" du temps de travail, l'organisation idéale de la journée de boulot, a peut-être bien été découverte par une entreprise de Lituanie. Le Draugiem Group possède le réseau social le plus populaire du pays et plusieurs start-up. Il commercialise un logiciel qui mesure la productivité des employés. Sa grande trouvaille : les salariés sont au top de leur efficacité quand ils enchaînent des périodes de 52 minutes de travail avec des pauses de 17 minutes. C'est précis.

Des pauses complètement déconnectées

Et pendant ces longues pauses de plus d'un quart d'heure, il faut strictement ne rien faire de professionnel ou de connecté : pas de mail, de vidéo ou de surf sur des sites d'information. Rien d'autre que marcher, lire ou papoter avec des collègues... à condition de ne pas parler de ses problèmes de travail. Pour reprendre ensuite par cinquante deux minutes de travail concentré. Une série de sprints, en quelque sorte, entrecoupés par de longues plages de repos, pour permettre au cerveau de recharger complètement ses batteries.

Les recommandations des Lettons sont d'autant plus crédibles qu'elles recoupent les grands classiques de la gestion du temps. Comme la méthode Pomodoro, du nom d'un minuteur de cuisine rouge en forme de tomate. Le principe, popularisé à la fin des années 80 est de régler le minuteur sur 25 minutes. A la sonnerie, on prend cinq minutes de pause, puis tous les quatre "pomodori", c'est-à-dire après quatre fois 25 minutes de travail, une plus longue pause de vingt minutes.

Travailler trop entraîne des problèmes cardiaques

Quelque soit la façon dont on découpe sa journée, plusieurs études scientifiques récentes ont mis en évidence les liens entre le trop grand nombre d'heures travaillées et les maladies cardiaques. Des chercheurs américains ont calculé que le fait de travailler 60 heures par semaine augmentait de 42% le risque de développer des maladies de coeur. Et une étude européenne a établi que si l'on passe de dix à onze heures au travail, on augmente le risque de souffrir d'un problème cardiaque de 60%.

Sans compter les dangers encourus par le simple fait d'être assis trop longtemps : l'association médicale américaine a récemment mis en garde les entreprises contre les méfaits de la position assise prolongée au-delà de deux heures : fatigue chronique, cholestérol, obésité. Décidément, le nombre d'heures ou de jours passés derrière son bureau n'est pas synomyme d'efficacité.

(La méthode Pomodoro, du nom du minuteur de cuisine, propose une pause de 5 minutes toutes les 25 minutes © Fotolia)