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Le covoiturage va-t-il profiter des grèves pour vraiment s'installer ?

Les sites de covoiturage multiplient leur nombre d'inscriptions depuis le début de la semaine. Un système de transports qui pourrait bien se pérenniser.

Un parking réservé au covoiturage au péage de Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne).
Un parking réservé au covoiturage au péage de Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne). (ISABELLE PIROUX / FRANCE-BLEU PARIS / RADIO FRANCE)

La grève dans les transports va durer au moins jusqu'au jeudi 12 décembre. On en saura plus après les réactions syndicales aux annonces qui seront faites mercredi par le Premier ministre. Depuis le début du mouvement, le covoiturage décolle. Et il pourrait bien s'installer dans la durée.

2 000 euros par an pour le conducteur

Gagnez 2 000 euros par an, sans rien changer à vos habitudes, en restant bien au chaud derrière votre volant, comme tous les matins, est le marché que vous proposent les sites de covoiturage qui font le plein ces derniers jours. Leur objectif est de vous faire découvrir leur solution. En ouvrant votre portière à un, deux ou trois passagers, à raison de deux, trois ou quatre euros par trajet et par personne, l'opération peut s'avérer très rentable pour le conducteur. Et pour le passager, pas cher du tout.

Pour les 12 millions d'habitants d'Île-de-France, pendant toute la durée des grèves, la région vous fait profiter gratuitement du covoiturage. ll suffit de télécharger l'appli ViaNavigo sur votre smartphone, d'indiquer l'adresse où vous voulez vous rendre, et l'appli du conseil régional vous redirige vers l'un des cinq sites de covoiturage qu'elle a sélectionné – en l'occurence Klaxit, Blablalines, Covoit'ici, Ouihop et Karos – pour que vous finalisiez la réservation. Gratuit donc pendant les grèves, mais quasiment aussi pendant le reste de l'année puisque le nouveau forfait mobilité, mis en place par la loi d'orientation des mobilités adoptée le mois dernier, prévoit que l'employeur peut prendre en charge les frais de covoiturage d'un salarié jusqu'à 400 euros par an, sans charge ni fiscalité.

Le covoiturage entre le domicile et le travail va-t-il entrer dans les moeurs ?

Telle est l'intention du gouvernement, en tout cas, qui veut tripler le nombre de covoitureurs en cinq ans. L'ouverture exceptionnelle des voies de bus et de taxis aux voitures transportant au moins trois passagers va dans ce sens. La rendre pérenne pourrait accélérer les choses. 

Du côté des sociétés de covoiturage, en tout cas, on y croit. Blablalines a multiplié par vingt son nombre d'inscriptions lundi 9 décembre par rapport à un jour ordinaire. Klaxit annonce quatorze fois plus de réservations. Et les entreprises clientes sont huit fois plus nombreuses.

La grande question est : est-ce que ça va durer ? Blablacar y croit, et on note que le service, d'ordinaire plutôt apprécié par les 18-24 ans, se diffuse dans d'autres tranches d'âges. L'expérience de ces derniers jours a permis à certains conducteurs de rencontrer des voisins qui travaillaient aussi dans le même quartier, voire la même rue. Chez Klaxit, on enregistre 20% de conducteurs en plus ces derniers jours, donc 20% de voitures ouvertes en plus. Quand tout le monde aura compris qu'il y a derrière cette nouvelle pratique aussi un moyen d'économiser de l'argent, alors on pourra espérer que le covoiturage est là pour durer.

Un parking réservé au covoiturage au péage de Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne).
Un parking réservé au covoiturage au péage de Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne). (ISABELLE PIROUX / FRANCE-BLEU PARIS / RADIO FRANCE)