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Ils ont changé de vie. Alexis, de la régie publicitaire à la fabrication de meubles

Cet été, nous nous intéressons à des parcours de salariés qui ont changé de vie. Vendredi, Alexis Malmézat, commercial à succès dans une régie publicitaire, a retrouvé sa passion d'enfant pour les meubles en devenant ébéniste.

Un ébéniste au travail (illustration).
Un ébéniste au travail (illustration). (MARIE LEMAÎTRE / MAXPPP)

Tout se passait trop bien pour Alexis. Bon salaire, bons résultats, bonnes primes. Mais toujours les mêmes appels aux clients, le succès, il faut croire que ça lasse. Il envisage de changer de boîte, de faire un bilan de compétences, et puis il se souvient de son goût, de toujours, pour les meubles. "J’apprécie beaucoup le joli mobilier et depuis un moment je m’étais dit que ses pièces-là, il fallait que je les fasse faire par quelqu’un. Jusqu’au jour où je me suis dit : pourquoi ce ne serait pas moi qui les ferais, ces pièces. Et j’ai plongé dans l’ébénisterie."

Retrouver sa passion d'enfant

Il lui suffit d'une formation de six mois, avec à la clé un CAP de menuiserie, fabrication de mobilier et d'agencement. Le reste, il va l'apprendre sur le tas

C’est beaucoup d’astuces, c’est le bon sens la fabrication d’un meuble. Il faut être astucieux, curieux. Je pense que j’ai ça

Alexis

à franceinfo

Alexis a tout de suite monté sa société, investit un atelier partagé à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Au fur et à mesure le métier rentre. "J’ai tous mes doigts, j’ai encore tous mes doigts, je fais très attention à ça. Les accidents sont fréquents, l’accident arrive assez vite quand on est fatigué, quand on fait toujours la même tâche, quand on coupe des centaines de morceaux de bois de la même dimension, on fait toujours le même geste. Il y a un moment où on le fait moins bien et il y a un bout de doigt qui part".

>> Carrière professionnelle et reconversion : le bilan de compétences fait de la résistance

Mais comment on démarre une activité d'ébéniste à Paris en partant de rien ? D'abord le réseau : "Les clients, c’est beaucoup le bouche-à-oreille, j’ai un bon réseau d’amis, de famille. Cela commence comme ça et après le client qui est content parle de nous à ses copains et ça fait boule de neige."

Réussir grâce au bouche-à-oreille

Alexis crée des meubles, mais sa société tourne surtout grâce à l'agencement de boutiques et d'appartements. "Pour vivre, il faut faire de l’agencement, qui est beaucoup plus rémunérateur. Ces travaux me permettre de vivre, je peux investir".

Au début Alexis pensait qu'il serait difficile de faire son trou, après tout, le métier d'ébéniste n'est-il pas déjà surinvestit par les reconvertis parisiens ? "On pense que oui, mais en fait il y a beaucoup de demandes. J’ai été le premier surpris."

Quand je me suis lancé, on m’a dit que j’étais un peu fou, que je n’aurais pas de travail, mais en fait les gens ont encore les moyens de s’offrir des services d’agencement.

Alexis

à franceinfo

Les affaires tournent bien, la société se développe, et Alexis a l'impression d'avoir réalisé un rêve d'enfance, avec de petites satisfactions de tous les jours. "C’est le fait d’apporter la touche finale à une pièce et se dire : ça y est, c’est fini, et de regarder la pièce et la trouver dingue, d'en être hyper content, hyper fier et juste de la trouver belle."

Un ébéniste au travail (illustration).
Un ébéniste au travail (illustration). (MARIE LEMAÎTRE / MAXPPP)