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Emploi : les "chasseurs de tête", un métier qui évolue

Les difficultés de recrutement sont au plus haut depuis dix ans, selon une récente étude du ministère du Travail et de Pôle emploi. Pour pallier ces tensions, les entreprises font de plus en plus souvent appel aux cabinets de recrutement aux chasseurs de tête.

Article rédigé par Philippe Duport
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Un homme et une femme au cours d'un recrutement. (ERIC AUDRAS / MAXPPP)

Chasseur de tête est un métier qui a en effet traversé une mauvaise passe, avant la crise sanitaire. Beaucoup de petits cabinets de recrutement ont mis la clé sous la porte où ont réduit la voilure. Mais depuis le deuxième confinement et la reprise massive des recrutements, on fait de nouveau appel à eux.

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Selon un sondage réalisé par Opinionway en 2019, 14% des entreprises une entreprise sur cinq a recours à un intermédiaire de recrutement. Mais pour Jenny Gautier, la directrice générale du Mercato de l'emploi, le premier réseau de recruteurs indépendants, il faut désormais revoir ce chiffre à la hausse : cette recruteuse explique ainsi que 60% de ses clients actuels n'étaient jamais passés auparavant par un chasseur de tête pour recruter.   

Le métier a beaucoup évolué. La première de ces évolutions, c'est que les recruteurs misent beaucoup sur les qualités humaines des candidats, ce que dans le monde du recrutement on appelle les soft skills, les compétences douces. On parle par exemple de la ponctualité, de l'esprit d'équipe, de la rigueur. Des qualités qui ne sont pas forcément détectables au premier coup d'oeil dans un CV par un entrepreneur qui recrute. Les chasseurs de tête se livrent désormais à une véritable enquête de personnalité sur les candidats, en appelant les anciens employeurs et en faisant passer des tests de personnalité. Selon la recruteuse Jenny Gautier, qui s'appuie sur les travaux d'un auteur américain, 89% des recrutements qui échouent tournent mal à cause du savoir être du candidat.

Il faut connaître parfaitement les candidats

Deuxième révolution du métier : il demande désormais des compétences numériques pointues. Les recruteurs doivent désormais jongler avec les données. Ce que postent les candidats sur les réseaux sociaux, leurs profils, les CV qu'ils laissent dans les CVthèques. Cela suppose de savoir maîtriser des outils numériques pointus – chers qui plus est – que les responsables des ressources humaines dans les entreprises ne possèdent pas et ne savent pas utiliser.

Du coup, le profil de ces chasseurs de tête change. Dans une profession qui recrute, elle aussi, on voit chez les chasseurs de tête arriver de plus en plus de femmes – dans le réseau du Mercato de l'emploi elles constituent 70% des effectifs – et de nombreux cadres, ex-managers d'équipes, en reconversion, attirés par un métier en pleine évolution.  

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