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De plus en plus dur de partir travailler aux États-Unis

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Partir chercher fortune dans la Silicon Valley ou travailler à New York, ça vous tente ? C'est le rêve de vos enfants ? C'est de moins en moins facile. Les procédures sont de plus en plus longues et complexes. Même pour les plus qualifiés.

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Radio France
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Des piétons et un cycliste traversent le pont de Brooklyn en direction de Manhattan. Photo d'illustration. (SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Six millions de demandes de visas en attente. Il y a embouteillage pour tous ceux qui veulent partir travailler aux États-Unis. Selon le magazine britannique The Economist, cité par Courrier International, il n'y a jamais eu autant de dossiers en souffrance. Il y a quatre ans, le temps d'attente pour obtenir une carte verte était de six mois. Il est aujourd'hui d'au moins un an.


Selon le magazine économique, certaines dispositions récentes semblent avoir été délibérement conçues pour allonger le temps d'attente. Tous les demandeurs de visa de travail sont par exemple convoqués pour un entretien en face à face avec un employé de l'immigration américaine. Il faut aussi de plus en plus souvent fournir des pièces complémentaires au dossier pour prouver ses compétences. Il y aurait un "effet Trump". Avant son élection, un candidat sur cinq devait passer un entretien ou fournir des documents supplémentaires. Aujourd'hui, c'est trois candidats sur cinq.

Parmi les victimes de cette politique de restriction, tous les spécialistes de l'informatique qui veulent travailler dans la Silicon Valley et partout dans le florissant secteur IT américain. Ceux-là pouvaient assez facilement bénéficier du fameux visa H1B. Celui aussi des chercheurs, des médecins ou des architectes. Seulement voilà, le visa H1B est depuis quelques années dans le collimateur de l'administration Trump, qui estime qu'au fil des années ce visa a été dévoyé. Et qu'il est trop souvent utilisé pour permettre à des entreprises sous-traitantes de faire venir de la main-d'oeuvre à moindre coût. Par exemple d'Inde. Des salariés qui font de la concurrence aux candidats américains. Ce durcissement a provoqué un tollé en Californie chez les entrepreneurs.

Un prix Nobel s'est vu refuser un visa de travail 

Même pour les plus brillants candidats à l'émigration, les conditions se durcissent. Le magazine américain Mother Jones, toujours rapporté par Courrier international, affirme qu'un prix Nobel s'est vu refuser un visa de travail. Deux journalistes européens, de réputation internationale et ayant reçu des fonds de l'université de Stanford ont également été recalés. Ils demandaient le visa dit Einstein, le visa EB1, appelé aussi "la carte verte des génies". Le taux d'approbation de ces visas réservés à l'élite – scientifique, culturelle ou sportive – est en chute libre. Il a perdu 26 points en trois ans. The Economist parle pour sa part de "mur invisible" dressé contre l'expatriation légale, à l'image du mur érigé à la frontière mexicaine.
Quelque 165 000 Français travaillent aux États-Unis, ce qui en fait la deuxième destination d'expatriation après la Suisse.

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