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C'est mon boulot. Passer par la case chômage expose davantage à la pénibilité du travail

Le chômage a très légèrement baissé au mois de décembre : -0,1%. Ceux qui sont passés par la case "chômage" sont plus souvent exposés que les autres aux risques psychosociaux. 

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Un homme entre dans un bureau de Pôle emploi à Nantes (Loire-Atlantique).
Un homme entre dans un bureau de Pôle emploi à Nantes (Loire-Atlantique). (LOIC VENANCE / AFP)

Le chômage a très légèrement baissé au mois de décembre : −0,1%. Mais il reste élevé, à 3 450 000 personnes en catégorie A, ceux qui n'ont pas du tout travaillé. Or ceux qui sont passés par la case "chômage" sont plus souvent exposés que les autres à ce que l'on appelle les risques psychosociaux : manque d'autonomie dans le travail, tensions, propositions à caractère sexuel pour les femmes. C'est ce que révèle une récente étude du ministère du Travail.

Moins de reconnaissance, manque de respect et d'estime, plus de tensions, plus de pression psychologique, moins de possibilités de pouvoir s'organiser comme ils l'entendent : les travailleurs qui ont connu le chômage, notamment le chômage de longue durée, ont – à profession identique, et c'est là que c'est très intéressant – plus de difficultés dans leur travail que ceux qui ont eu une trajectoire stable. C'est ce que montre une toute récente étude de la Dares, l'organisme statistique du ministère du Travail. Selon la Dares, plus d'un quart des salariés français, 26% exactement, souffrent de ces parcours précaires, où les périodes de chômage s'entrecroisent avec des contrats de travail.

Le risque du déclassement professionnel

Ces carrières précaires, faites d'aller et retour entre chômage et activité, sont le plus souvent celles des femmes. La proportion est d'à peu près deux-tiers  un tiers par rapport aux hommes. Ce sont souvent aussi les personnes les moins diplômées et ceux qui ont des problèmes de santé. Ces "navetteurs" entre chômage et emploi sont d'ailleurs plus souvent victimes que les autres d'un déclassement professionnel, c'est-à-dire qu'ils exercent une profession qui ne correspond pas bien à leur formation. Ils souffrent de ne pas pouvoir pleinement exercer leurs compétences au travail.

Les femmes plus exposées

Les femmes au parcours tortueux disent plus souvent avoir "le sentiment d'être exploitées". Elles se plaignent aussi, plus que les femmes au parcours stable, d'avoir reçu des propositions à caractère sexuel, d'être victimes d'agressions verbales au travail, d'avoir entendu des choses obscènes. Et cela, encore une fois, à profession égale avec les femmes ayant eu un parcours linéaire !

Les hommes se situent davantage sur le terrain de la pénibilité physique. Mouvements douloureux ou fatigants, contact avec des produits dangereux, port de charges lourdes, postures pénibles... Les hommes qui sont passé par la case chômage ont également 20% de chances de plus de se plaindre d'un manque d'autonomie. Le passage par l'inactivité a donc une incidence claire sur la qualité du travail et ça c'est une surprise.

Un homme entre dans un bureau de Pôle emploi à Nantes (Loire-Atlantique).
Un homme entre dans un bureau de Pôle emploi à Nantes (Loire-Atlantique). (LOIC VENANCE / AFP)