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C'est mon boulot. Chômage : 1,5 million de personnes en dehors des statistiques

Le chômage a baissé de 1 % en avril. Il existe aussi d'autres personnes sans emploi, qui échappent aux statistiques. On parle à leur sujet de "halo du chômage".

Un bureau Pôle Emploi à Dunkirk (Nord).
Un bureau Pôle Emploi à Dunkirk (Nord). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A a baissé de 1 % en avril par rapport au mois de mars. Mais il existe aussi d'autres personnes sans emploi, qui échappent aux statistiques. Elles ne sont pas inscrites à Pôle Emploi. Elles ne cherchent plus de travail. On parle à leur sujet de "halo du chômage".

Cas typique, une femme qui ne peut pas se rendre aux convocations de son conseiller Pôle Emploi parce qu'elle ne peut pas faire garder ses enfants. Elle n'a pas d'emploi, elle souhaiterait travailler, mais elle va disparaître des statistiques. Les jeunes et les seniors nourrissent eux aussi le halo du chômage. Les jeunes parce qu'ils ne comptent pas sur Pôle Emploi pour leur trouver du travail. Et les plus âgés parce qu'ils arrivent en fin de droit et qu'ils cessent donc de s'actualiser. Que ce soit à cause d'une désincription ou d'une radiation, il y a de plus en plus de personnes qui ne sont plus comptabilisés. Le phénomène est en augmentation depuis la crise de 2008. C'est ce que dit le SNU Pôle Emploi et ce que confirme l'OFCE, l'observatoire français des conjontures économiques. Fait nouveau, si le chômage a globalement tendance à baisser, le halo du chômage, lui, ne diminue pas.

Un nombre en augmentation

Ces chômeurs qui n'apparaissent pas dans les statistiques, l'Insee les a comptées, ils sont 1,5 million. En augmentation de 350 000 depuis 2008. Le halo du chômage regroupe des populations très différentes. Il y a ceux qui cherchent activement, mais qui ne sont pas tout de suite disponibles, parce qu'ils sont en formation, en congés ou en maladie, par exemple. Il y a ceux qui sont disponibles, mais qui ne cherchent pas activement du travail. Ce sont les découragés, qui pensent ne pas pouvoir trouver du travail. Parce qu'ils s'estiment trop vieux ou parce qu'ils pensent qu'il n'y a pas d'emploi dans leur domaine. Et il y a aussi ceux qui voudraient travailler mais qui ne cherchent pas et ne sont pas disponibles, par exemple parce qu'ils s'occupent d'enfants ou de personnes dépendantes. Mais attention, il ne faut pas ajouter ce million et demi aux 5,5 millions de chômeurs comptés par Pôle Emploi. Il faut les ajouter aux 2,7 millions recensés tous les trois mois par l'Insee. Ce qui revient à 4,2 millions de chômeurs.

C'est sans compter les personnes en sous-emploi. C'est une couche de la population qui s'ajouter au halo du chômage : ce sont les catégories B et C de Pôle Emploi. Parmi elles, du temps partiel subi, des personnes qui aimeraient travailler davantage. On en compte 1,7 million, en augmentation très régulière.

En bref 

Le nombre de contrats de plus de six mois est en hausse. Sur un an, la part des offres publiées par Pôle Emploi portant sur des contrats de plus de six mois augmente de 2,7 %.

Un bureau Pôle Emploi à Dunkirk (Nord).
Un bureau Pôle Emploi à Dunkirk (Nord). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)