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C'est ma santé. Confinement, coronavirus : comment rompre l'isolement des personnes âgées ?

Dans "C'est ma Santé" aujourd'hui, on évoque le problème de la contamination dans les Ehpad et de comment rompre l'isolement des personnes âgées. Est-ce qu'un autre système que celui des Ehpad est possible ?

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Une retraitée et un soignant dans un Ehpad de Clapiers (Hérault), le 28 mai 2020.
Une retraitée et un soignant dans un Ehpad de Clapiers (Hérault), le 28 mai 2020. (GUILLAUME BONNEFONT /IP3 PRESS / MAXPPP)

Avec le Covid-19, on a vu que le confinement, s'il avait sauvé la vie de nombreux résidents, a été aussi malheureusement délétère pour d'autres, avec beaucoup de personnes qui se sont laissées aller, elles se sont laissées mourir.

Jean-Paul Hamon, médecin généraliste à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, et président d'honneur de la Fédération des médecins de France évoque d'autres solutions possibles pour éviter ce qu'on appelle le syndrome de glissement, surtout en cette période de crise sanitaire, dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. 


franceinfo : Est-ce qu'on peut faire autrement ? Est-ce qu'un autre modèle est possible ?


Jean-Paul Hamon : Moi, je pense qu'il y a une solution qui avait été inventée par les Anglais il y a un moment en Angleterre, où il y avait un immeuble intergénérationnel, où vous aviez des gens qui habitaient dans les étages, des gens qui étaient en couple, qui menaient une vie normale, des gens avec des enfants. Et au rez-de-chaussée, il y avait des studios pour les personnes âgées seules, ou des deux pièces pour les vieux couples. Et ces gens-là avaient, quand ils étaient en forme, servaient de baby-sitter aux gens qui habitaient au-dessus et qui avaient des enfants.

Et donc, plutôt que d'être dans un Ehpad où vous êtes à la salle à manger et que vous comptez les gens qui meurent les uns après les autres, ce qui n'est pas très bon pour le moral, vous voyez des enfants qui jouent dans la cour, ça les maintient en forme.


Ce brassage de générations, ça permet aussi peut-être de faire circuler le virus un peu plus ?


Non, parce que ce sont deux établissements qui sont séparés l’un de l’autre, mais par contre, les personnes âgées voient dans la cour des gamins qui jouent. Donc, il y a des immeubles intergénérationnels qui existent en France. Il y en a aux Loges-en-Josas, il y en a du côté de Dijon, et je pense que maintenant, avec la construction, avec la vie qui va s'allonger, les personnes âgées qui vont avoir une vie beaucoup plus longue, je pense que ça, c'est une solution alternative aux Ehpad qui, on l'a vu, sont quand même source de contamination, même si les gens prennent beaucoup de précautions.

Les multiples intervenants dans les Ehpad qui n'habitent pas sur place risquent de transmettre et de ramener le virus dans l'Ehpad, et on a vu les conséquences que ça donnait, donc l’immeuble intergénérationnel, je trouve que c'est une bonne solution, et je pense que nos responsables gouvernementaux devraient y réfléchir.

Une retraitée et un soignant dans un Ehpad de Clapiers (Hérault), le 28 mai 2020.
Une retraitée et un soignant dans un Ehpad de Clapiers (Hérault), le 28 mai 2020. (GUILLAUME BONNEFONT /IP3 PRESS / MAXPPP)