C'est dans ma tête, France info

C'est dans ma tête. Vivre sous la menace du coronavirus Covid-19

Depuis un mois, les médias du monde entier décrivent, chiffres à l’appui, la progression du coronavirus Covid-19, en Chine d’abord, puis dans le monde.Par ailleurs, les informations les plus fantaisistes circulent sur internet, les craintes les plus exacerbées s’expriment. 

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Piétons à Hong Kong, en Chine, le 12 février 2020.
Piétons à Hong Kong, en Chine, le 12 février 2020. (GETTY IMAGES)

Que peut-il se passer dans la tête des hommes et des femmes quand ils vivent sous la menace d’un virus ?


On peut, sans prétendre donner une réponse exhaustive à cette question, constater, d’ores et déjà, trois sortes de réactions. La première est l’angoisse. Une angoisse qui est souvent majorée par le fait que les médias peuvent, en répétant le nombre des victimes, donner l’impression qu’elles se multiplient. Une personne qui entend parler 10 fois, de 100 victimes, peut penser qu’il y en a 10 fois 100.
Mais on peut aussi se trouver, à l’inverse devant des réactions de déni.


Comment les expliquer ?


Nous sommes à une époque où, du fait du développement de la science, beaucoup de gens imaginent que le temps des épidémies est définitivement révolu. Cela peut les conduire à refuser les vaccins. Mais aussi, en ce moment, à nier le danger, en négligeant des précautions nécessaires, comme le lavage des mains, par exemple.
Ou en se précipitant, en cas de symptômes, chez leur médecin, au risque de contaminer d’autres gens.

Et la troisième réaction ?

La troisième est un retour à des réactions archaïques. Confronté à un ennemi aussi invisible qu’un virus, on peut avoir la tentation de lui donner un visage, et des origines repérables. Et cela explique peut-être le rejet actuel des personnes asiatiques (supposées propager le virus). Un rejet aussi odieux qu’absurde, mais qui s’inscrit dans une longue tradition : on a accusé autrefois, par exemple les juifs de tuer, à des fins rituelles, des enfants chrétiens. Et tout cela est évidemment, à notre époque, accentué par les réseaux sociaux, et les "fake news".


De quelle façon les fausses nouvelles se propagent-elles ?


Les manipulateurs qui propagent, à propos du coronavirus, des "fake news" s’appuient sur la défiance envers la médecine qu’ont entrainé un certain nombre de scandales. Ils jouent sur la peur, sur l’ignorance, mais aussi sur le fait que penser que l’on est soumis à des manifestations de la nature (tremblements de terre, ou virus), est particulièrement angoissant. Parce que la nature étant par définition un adversaire auquel on ne peut même pas s’en prendre, on se sent encore plus impuissant. Ils inventent donc des comploteurs, et des complots. Ils racontent que le virus Covid-19 a été sciemment crée et répandu. Et proposent ainsi aux plus crédules des ennemis imaginaires qu’ils peuvent, avec la jouissance que cela suppose, accuser et haïr. Et on en arrive, une fois de plus, à ce paradoxe d’un instrument aussi novateur qu’internet, mis, du fait des manipulateurs, au service des idées les plus rétrogrades.

Piétons à Hong Kong, en Chine, le 12 février 2020.
Piétons à Hong Kong, en Chine, le 12 février 2020. (GETTY IMAGES)