Etats-Unis : et si le séquençage ADN devenait un nouvel examen de routine ?

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Le séquençage du génome représente une des avancées majeures des vingt dernières années en médecine. Et l'arrivée d'une nouvelle méthode bon marché serait un atout formidable dans le combat contre le cancer. 

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Un employé de laboratoire testant de l'ADN au août 2021. (ROSLAN RAHMAN / AFP)

Le séquençage de l'ADN humain a longtemps été un processus très lourd. Aujourd’hui, Ultima, une start-up israélo-américaine, assure pouvoir le faire pour seulement 100 dollars. C’est six fois moins que le prix le plus bas jusqu’ici.

Pour cela, le séquenceur utilise une approche optique. Pour simplifier à l’extrême, l’ADN est déposé sur une sorte de disque qui tourne, comme un CD, pendant qu’une caméra suit une ligne sur ce disque pour l’analyser encore et encore. Le processus d’Ultima, "qui se résume parfois", dit un expert interrogé par le magazine Fast Company, "à trouver une aiguille dans une botte de foin", irait deux fois plus vite que les autres techniques. Le problème, selon un professeur de l’école de médecine d’Harvard à Fast Company, c'est que la méthode, plus rudimentaire, serait aussi moins précise que ses concurrentes avec du coup, un taux d’erreur plus élevé dans le séquençage. Mais même sans une précision à 100 %, Ultima peut jouer son rôle, comme repérer l’éventuelle présence d’une tumeur dans une séquence ADN.

L'ADN, source de données

La startup Ultima a été fondée en 2016, mais elle a passé six ans dans ce qu’on appelle un mode furtif, sans communiquer auprès des médias et du grand public. Le fondateur s’appelle Gilad Almogy, spécialiste de physique et d’optique, formé à CalTech, l’une des meilleures écoles d’ingénieurs du monde. Il a notamment développé des machines capables de détecter des défauts de fabrication sur des semi-conducteurs, ce qu’on peut mettre en parallèle avec l’analyse d’une séquence ADN.

Et puis, il est frère et mari de médecins. Il s’est rendu compte en les écoutant de leurs difficultés à établir des diagnostics précis en s’appuyant sur la déclaration des patients. Pour lui, les médecins ont besoin de données et des données, il y en a énormément dans un génome. Il s’est associé à des biologistes et des chimistes en Israël pour l’aider dans un domaine qu’il ne connaissait pas bien. Et il a trouvé des investisseurs. Et cet été, Ultima a annoncé avoir levé 600 millions de dollars.

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Il y a 20 ans, le séquençage de l’ADN d’une seule personne coûtait près de 100 millions de dollars. Impossible d’avoir un impact sur la médecine grand public à ce prix-là. Heureusement, l’innovation a, comme souvent, tout changé. Illumina, le géant du secteur, avec un quasi-monopole, a réussi à proposer un séquençage à 1 000 dollars dès 2014. Et maintenant, Ultima a donc une option dix fois moins cher. Au point qu’on puisse commencer à envisager le séquençage comme un examen de routine annuel.

C’est potentiellement révolutionnaire pour détecter, à bas prix, des cancers très tôt, pour développer des médicaments adaptés ou dresser des diagnostics précis, note le New York Times, qui précise toutefois qu’une société chinoise a promis elle aussi un séquençage peu cher en 2020, toujours pas devenu réalité.

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