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Blutch, tel quel

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La nouvelle bande dessinée de Blutch parle des dysfonctionnements du monde contemporain. Copi faisait de même dans les années 1960-1970. Par l'absurde.
Article rédigé par
Radio France
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Mais
qu'est que c'est que cette histoire ? Il est rare qu'on réagisse ainsi au
fil de la lecture d'une bande dessinée. Enfin, quand la bande dessinée est signée Blutch, on s'y
attend un peu quand même.

Il n'est déjà qu'à lire le titre. Lune l'envers . A moins d'être un familier des tarots et de la
symbolique des cartes, celles qui, tirées au hasard, sont censées nous dire ce
que l'avenir nous réserve, voilà un titre bien hermétique : Lune l'envers . Grand prix du festival
d'Angoulême 2009, considéré à juste titre comme un dessinateur hors pair, Blutch
produit depuis le début des années 1990 des livres déroutants dans lesquels les
images portent plus volontiers des idées, des réflexions, des moments
d'émotions que des récits.

Cette fois, Blutch a voulu, dit-il, faire un livre sur le désordre, le dysfonctionnement. Une idée qu'il portait depuis longtemps, mais, c'est encore lui qui le dit, il n'avait pas alors les idées assez ordonnées pour cela.

On reconnaît les traits de Blutch dans le visage du personnage principal,
artiste usé, en panne d'inspiration, à la gloire sur le point de passer, au
caractère orgueilleux, à l'ego insupportable. Et qui ne parvient plus à écrire
et dessiner "le nouveau nouveau testament" que sa maison d'édition
lui a commandé. Blutch interroge notre rapport à la modernité, aux
marchandises, aux machines, à la création, au désir. Il dessine des femmes au
regard intense et à la démarche énergique comme le faisait Jean-Claude Forest.
Lui revendique l'influence de Romain Gary, l'auteur de Pseudo et
de Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable .

Lune l'envers de Blutch, aux
éditions Dargaud.

Bonne
nouvelle, grâce à Olivius, le label né du mariage des maisons d'édition L'Olivier
et Cornélius, on peut relire les bandes dessinées immobiles de Copi.
Et
retrouver la dame assise qui dans les années 1960 et 70, dans les pages du Nouvel
Observateur, Charlie
et Hara-Kiri , taillait des bavettes absurdes et anticonformistes
avec ceux qui passaient la voir : petite fille innocente, poisson rouge
masochiste, lapin solitaire, canards sauvages et petits maris.

Les filles n'ont pas de banane, Copi, Oilvius.

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