Guyane : une start-up propose de disséminer des moustiques stériles par drones pour lutter contre la dengue

Au lieu de pulvériser de l’insecticide, BirdView la start-up BirdView souhaite relâcher des milliers de moustiques mâles stériles dans les zones infestées.
Article rédigé par Anicet Mbida
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le moustique porte des maladies comme la malaria, la fièvre jaune, la dengue ou le chikungunya. Photo d'illustration. (PATRICK LEFEVRE / MAXPPP)

La Guyane connaît en 2024 sa pire épidémie de dengue depuis 20 ans, près de 3 000 nouveaux cas ont été constatés depuis janvier. C’est une maladie transmise par les moustiques et une solution pourrait venir des drones. Cette solution vient de la start-up BirdView qui propose de faire de l’épandage par drone. Mais un épandage un peu spécial puisqu’au lieu de pulvériser de l’insecticide, leurs drones vont relâcher des milliers de moustiques mâles, stériles dans les zones les plus infestées. Parce que les femelles moustiques (celles qui piquent) ne peuvent se reproduire qu’une seule fois dans leur vie. Donc dès qu’elles vont s’accoupler avec un de ces mâles stériles, ce sera terminé. Elles n’auront aucune descendance. Ce qui finira par progressivement décimer la population et donc, par réduire les risques de contamination.

Cette technique est efficace, elle est utilisée depuis des dizaines d'années. D’ailleurs, la stérilisation des insectes, qui se fait par irradiation, a été mise au point par l'Agence Internationale de l'Énergie atomique, le gendarme du nucléaire des Nations Unies. Jusqu’ici, les moustiques étaient surtout relâchés par camion et ils avaient du mal à atteindre l’ensemble des foyers de reproduction. Il fallait donc attendre plusieurs mois pour voir une réduction du nombre de moustiques.

Réduire une population de 90% en un mois

Mais avec les drones, leur diffusion pourra se faire de façon plus homogène, plus ciblée. Et d’après la start-up, une population pourrait être réduite de 90% en moins de quatre semaines sur une dizaine d’hectares. Toute la difficulté aura été d’arriver à créer des containers qui ne stressent pas les moustiques. Il ne fallait pas qu’ils modifient leur comportement ou leur façon de s’accoupler par exemple.

Et cette technique est prête à être déployée. Des tests grandeur nature ont eu lieu au Brésil et les résultats sont tellement encourageants que la technique est désormais en cours de validation par l'Agence Internationale de l'énergie atomique. Si tout se passe bien, on aura peut-être bientôt une arme fatale pour nous débarrasser des moustiques. Cet insecte est le premier prédateur de l’homme, il porte des maladies comme la malaria, la fièvre jaune, la dengue ou le chikungunya.

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