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Réorganisation du système de santé, tarification à l'acte, grève dans les laboratoires... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François Braun

Le ministre de la Santé était l'invité du "8h30 franceinfo", samedi 7 janvier 2023.

Article rédigé par France Info
Radio France
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François Braun, ministre de la Santé, était l'invité du "8h30 franceinfo", samedi 7 janvier 2023. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

François Braun, ministre de la Santé et de la Prévention, était l'invité du "8h30 franceinfo", samedi 7 janvier 2023. Il répondait aux question de Neila Latrous et Lorrain Sénéchal.

Réorganisation du travail des soignants : "Il n'a jamais été question de supprimer les 35h"

Emmanuel Macron a annoncé que les heures de travail des soignants allaient être revues mais "il n'a jamais été question de supprimer les 35h", assure François Braun. "Ce qu'a dit le président de la République c'est qu'il faut rendre de la souplesse à ce mode de fonctionnement. Une infirmière qui fait des heures supplémentaires, qu'on appelle temps additionnel à l'hôpital, on va lui dire qu'elle pourra le récupérer quand elle aura le temps, mais elle n'a jamais le temps. On propose de lui payer mais sur un mode qui n'est pas celui des heures supplémentaires, défiscalisées. Revenons à des choses simples et appliquons à l'hôpital les mêmes règles qu'ailleurs sur les 35h."

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Par ailleurs, les heures de nuit vont être revalorisées, mais "il faut reconnaître la pénibilité de ce travail de nuit pour l'ensemble des soignants. Pour l'instant nous prolongeons les mesures que j'avais prises, dans l'attente des discussions que je vais démarrer avec les organisations syndicales", ajoute le ministre de la Santé.

"Il faut mieux former" et "adapter la formation de nos soignants aux réalités d'aujourd'hui"

"Il faut redonner du temps aux soignants, mais pas qu'à l'hôpital, également en ville." Pour cela, il est nécessaire de recruter du personnel. Le ministre de la Santé estime "que les métiers de la Santé font envie aux jeunes. Mais le problème majeur ce sont les jeunes qui arrêtent leurs études, 20% à 30% en fonction des endroits, ou qui lorsqu'ils ont fini ne vont pas s'installer parce qu'ils découvrent que ce n'est pas le boulot dont ils rêvaient." Pour éviter ce phénomène, "il faut mieux les former. Adapter la formation de nos soignants aux réalités d'aujourd'hui."

Tarification à l'acte : "L’échéance a été fixée, ce sera pour 2024"

Emmanuel Macron a également annoncé la fin de la tarification à l'acte à l'hôpital. "On ne va pas tout résoudre en un claquement de doigts. On ne revient pas au système d’avant, l’enveloppe globale avait des dérives terribles. On voit le problème de cette tarification à l'unité, c'est une course à l'échalote à l'acte. Nous souhaitons remettre la réponse aux besoins de santé des Français au centre du débat et du financement", avance François Braun.

Tarifs des médecins libéraux : "C'est du donnant-donnant"

Après une nouvelle manifestation des médecins généralistes ce jeudi 5 janvier, le François Braun répond à l'une de leur principale revendications : "C'est comme pour l'hôpital, on répond aux besoins de santé de la population et on est valorisé pour cela. Les discussions sont sur la table" sur le prix des consultations. "On peut envisager une augmentation de la consultation en fonction de l'engagement collectif au niveau d'un territoire pour que les Français trouvent un médecin de jour et de nuit. C'est le principe du donnant-donnant."

Grève des laboratoires : "Nous avons discuté avec eux, mais quand le partenaire ne veut pas bouger il faut siffler la fin du match"

"Nous avons discuté avec eux, mais à un moment donné quand on fait une négociation et que le partenaire ne veut pas bouger il faut prendre des décisions. Il faut siffler la fin du match", affirme le ministre de la Santé à propos de la grève des laboratoires de biologie médicale

Les biologistes refusent les baisses de tarifs proposées par l'Assurance maladie. Un compromis a été trouvé pour l'année 2023, à hauteur de 250 millions d'euros comme exigé par le gouvernement, mais la négociation bloque sur la période 2024-2026, pour laquelle les syndicats ont fixé leur ligne rouge à 145 millions par an. "J'ai laissé une fenêtre de quelques jours aux laboratoires pour que nous trouvions un accord sur l'année 2025. Mais on ne peut pas discuter pendant 107 ans."

Cette grève excède le ministre de la Santé parce que "prendre en otage la santé des Français est quelque chose" qu'il n'acceptera "jamais. Refuser de faire remonter ces tests Covid-19 en pleine épidémie, en risque de rebond, c'est prendre en otage la santé des Français. C'est inacceptable pour moi."

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Retrouvez l'intégralité du "8h30 franceinfo" du samedi 7 janvier 2023 :

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