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Revenu universel : Benoît Hamon ne veut pas qu'"on règle le chômage à coup de pauvreté"

Benoît Hamon était l'invité de franceinfo vendredi. Le candidat à la primaire de la gauche s'est dit "pas très satisfait" du débat de la veille et a de nouveau répondu aux attaques sur son projet de revenu universel.

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Benoît Hamon, le 13 janvier 2017 sur franceinfo
Benoît Hamon, le 13 janvier 2017 sur franceinfo (FRANCEINFO)

Invité de franceinfo vendredi 13 janvier, Benoît Hamon s'est dit "pas très satisfait" du premier débat entre les sept candidats de la primaire de la gauche, qui a réuni 3,8 millions de téléspectateurs sur TF1 jeudi soir. Le député des Yvelines a estimé que l'exercice du débat était "assez peu éclairant et assez peu séduisant pour les citoyens""J'aurais souhaité mieux répondre aux attaques", a-t-il déclaré, faisant notamment référence aux critiques répétées sur son projet de revenu universel. 

Revenu universel : "Le partage du travail permettra le plein emploi"

Interrogé sur l'attaque de Manuel Valls mardi sur franceinfo, qui avait fait le lien entre revenu universel et "société de l'assistanat et du farniente", Benoît Hamon a pointé du doigt un raisonnement "paresseux intellectuellement" : "Au moment où Michel Rocard proposait le revenu minimum d'insertion (RMI), on disait déjà cela. Quand Martine Aubry proposait la couverture maladie universelle (CMU), on prétendait aussi que cela allait entretenir l'assistanat." 

À la "société de l'assistanat" dénoncée par Manuel Valls, Benoît Hamon oppose une "société du travail et de la solidarité". Pour le député des Yvelines, "le revenu universel d'existence revalorise le travail" "J'y crois parce que je pense que c'est un besoin pour les nouvelles générations, pour celles et ceux qui ont un travail pénible", a-t-il déclaré, rappelant que, d'après les chiffres de Pôle emploi, 10% des emplois sont menacés par la robotisation dans les années qui viennent.

Dès lors que le revenu universel existe, notamment pour les jeunes, il libère des emplois

Benoît Hamon

à franceinfo

Se félicitant que de "question périphérique" le revenu universel soit devenu une "question centrale", Benoît Hamon a souligné qu'Édouard Martin, ancien leader syndical des hauts-fourneaux de Florange, soutenait se proposition, de même qu'Olivier Le Bras, ex-leader sydical des abattoirs Gad. "Eux savent ce qu'est le travail pénible", a-t-il déclaré.

Benoît Hamon a regretté qu'"ailleurs, on règle le chômage à coup de pauvreté" : "En Allemagne, il y a moins de 6% de chômeurs, mais 17% de pauvres. Je ne crois pas que quelqu'un qui travaille et qui est pauvre se sente très utile socialement et psychologiquement mieux qu'un chômeur."

Emmanuel Macron est "ambigu"

Benoît Hamon a regretté "la stratégie de défi du rassemblement de la gauche" de Jean-Luc Mélenchon, qui se moquait mercredi au Mans d'un "air de panique" soufflant sur le Parti socialiste. "Vouloir vaincre le reste de la gauche ne doit pas être l'objectif prioritaire. Moi je veux faire gagner la gauche", a déclaré le député, se disant prêt à discuter avec le candidat de La France insoumise.

Au sujet d'Emmanuel Macron, lui aussi candidat à l'élection présidentielle, Benoît Hamon attend de voir "où il se situe" pour décider s'il faut ou non discuter avec lui : "Le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'il est ambigu. Ou il est à droite. Ou il est à gauche."

Légalisation du cannabis : "La politique par la prohibition a échoué"

Benoît Hamon est revenu sur son projet de légalisation du cannabis. "Il faut s'interroger sur le sens qu'il y a à consacrer 550 millions d'euros à la répression, là où ils pourraient être consacrés à la prévention et à la lutte contre les addictions", a-t-il estimé, précisant que "la politique par la prohibition a échoué".

"C'est trop sérieux pour laisser des jeunes continuer à se fournir en cannabis sans pouvoir contrôler la qualité de ce qu'ils consomment et dans des conditions où ils peuvent se mettre en danger, a insisté le député des Yvelines. Je veux sortir du déni d'une société qui a peur de regarder la réalité en face et ne voit pas qu'en termes de santé publique il faudrait suivre la voix du Portugal ou du Colorado."

Assassinats ciblés : "Je ne suis pas favorable à une forme de peine de mort extrajudiciaire"

Dans son livre-confession Un président ne devrait pas dire ça, François Hollande a révélé avoir ordonné des exécutions ciblées de jihadistes. "La doctrine française jusqu'à présent, c'était de ne pas tuer de ressortissant français. Je pense que la doctrine, c'est la doctrine. Et qu'il faut en rester là", a affirmé Benoît Hamon.

"Je ne suis pas favorable à ce qu'il y ait une forme de peine de mort extrajudiciaire, c'est-à-dire que l'on décide en dehors de tout cadre juridique, de tous tribunaux, d'une liste de personnes qu'il faudrait exécuter, a précisé le candidat. Nos bombes ne distinguent pas ceux qui ont une carte d'identité française ou pas. La responsabilité qui est la nôtre est de tout faire pour que si ces ressortissants français reviennent ou sont en capacité d'être interpellés nous le fassions et que nous les jugions ici."

Visionnez l'intégralité de l'interview de Benoît Hamon

Benoît Hamon, le 13 janvier 2017 sur franceinfo
Benoît Hamon, le 13 janvier 2017 sur franceinfo (FRANCEINFO)