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PS : "Je ne peux pas cautionner ce Congrès", estime Delphine Batho

La députée PS, invitée de franceinfo mardi, a déclaré qu'elle ne voterait pour "aucun" des quatre candidats, briguant la tête du PS lors du Congrès du parti, les 7 et 8 avril prochains.

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Delphine Batho, députée Nouvelle Gauche des Deux-Sèvres, invitée de franceinfo mardi 6 février 2018.
Delphine Batho, députée Nouvelle Gauche des Deux-Sèvres, invitée de franceinfo mardi 6 février 2018. (RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Delphine Batho, députée Nouvelle Gauche des Deux-Sèvres, invitée de franceinfo mardi 6 février, a déclaré qu'elle ne voterait pour "aucun" des quatre candidats briguant la tête du Parti socialiste, lors du Congrès du parti à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) les 7 et 8 avril prochains. "Je ne peux pas cautionner ce Congrès", a ajouté celle dont la candidature a été rejetée, faute de parrainages suffisants. "Ces candidatures [sont] le résultat d'une manœuvre qui est sans précédent dans l'histoire du Parti socialiste", a déclaré Delphine Batho.

Selon Delphine Batho, "si ces candidats incarnaient le féminisme, l'écologie, une certaine modernité, un certain sens moral, un changement radical de l'appareil du Parti socialiste", elle ne se serait pas déclarée, dit-elle, candidate. "J'aurais soutenu tout de suite un candidat qui aurait incarné cela", a-t-elle précisé. 

Delphine Batho a admis ce mardi sur franceinfo qu'il y a de la triche au Parti socialiste. "Hélas oui, mais il faut faire une différence entre les militants du Parti socialiste et la petite direction qui est à la manœuvre", a-t-elle déclaré. "Il y en a déjà eu dans le vote qui eut lieu le 18 janvier dernier  pour changer les statuts du Parti socialiste qui s'applique au Congrès où la participation a été gonflée pour atteindre le chiffre de 23% de participation", a-t-elle dénoncé. 

Pour autant, la députée, qui dénonce "un système de confiscation du Parti socialiste par un système de clans et de courants (...) en réalité d'accord pour que le système continue", ne souhaite pas quitter le PS. "À ce stade, je ne crois pas que la solution soit que chacun crée son micro-parti ou sa petite boutique (...) Il y a toujours un espace pour une formation de gauche moderne, progressiste, féministe, laïque, a-t-elle expliqué. Je continue la bagarre" (…) Je ne laisse pas tomber ceux qui attendent autre chose."

Les dernières législatives partielles : une "double alerte"

Appelée à commenter les législatives partielles de dimanche dernier à Belfort et dans le Val-d'Oise, en faveur de candidats des Républicains, Delphine Batho a qualifié les résultats d'"alerte" pour "la gauche" et "le pouvoir""Il y a une double alerte : une alerte grave sur l’effondrement de la gauche, éparpillée façon puzzle (…) et une alerte pour le pouvoir, pour la majorité gouvernementale", a-t-elle expliqué. " La République en Marche ne porte pas de projet de société donc, oui, c'est une alerte sérieuse et sévère pour le gouvernement", a ajouté l'élue des Deux-Sèvres. 

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Delphine Batho a dit regretter l'absence de consigne de vote de la gauche au deuxième tour de ces élections partielles. "Je ne pense pas qu'on puisse mettre un signe égal entre ce que représente Laurent Wauquiez comme droite réactionnaire et la version ultra-libérale d'Emmanuel Macron sur un certain nombre de questions de société. Quand on est éliminé, on doit prendre ses responsabilités, on n'appelle jamais à l'abstention ou à ne pas choisir", a-t-elle jugé.

Des "redéploiements" dans la fonction publique

L'annonce d'un plan de réforme de la fonction publique, esquissé par le Premier ministre, ne doit pas passer par des suppressions d'emplois, selon Delphine Batho. "La vraie question est celle des redéploiements", a affirmé l'élue des Deux-Sèvres.

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"La question qui est posée, c'est de bouger, moderniser l'Etat, et pas d'être conservateurs ou libéraux en pensant qu'il suffit de supprimer des fonctionnaires pour penser régler les problèmes." La députée estime qu'il existe des besoins, notamment, dans l'écologie et le domaine de l'aide à la personne.

Le projet de Bure : "On n'a pas le choix"

Interrogée sur le projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse), l'ex-ministre de l'Ecologie, entre 2012 et 2013, a estimé qu'aucune autre solution n'était envisageable. "On n'a pas le choix, c'est la solution de référence", a déclaré la députée socialiste. Toutefois, Delphine Batho tient à ce que les remarques de l'Autorité de sécurité nucléaire (ASN), sur "le risque d'incendie", soient prises en compte. "Il faut respecter toutes les prescriptions de l'Autorité de sécurité nucléaire", a martelé la députée socialiste.

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"Je suis aussi pour la réversibilité complète de l'enfouissement des déchets nucléaire", a précisé Delphine Batho, afin que "les générations futures" aient accès à d'autres solutions qui émergeraient. 

Regardez l'intégralité de l'intervention de Delphine Batho sur franceinfo le 6 février 2018.

Delphine Batho, députée Nouvelle Gauche des Deux-Sèvres, invitée de franceinfo mardi 6 février 2018.
Delphine Batho, députée Nouvelle Gauche des Deux-Sèvres, invitée de franceinfo mardi 6 février 2018. (RADIO FRANCE / FRANCE INFO)