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"Les produits d'appel de la campagne d'Emmanuel Macron sont reportés aux calendes grecques", juge Olivier Faure

Le chef de file du groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée, invité mercredi de franceinfo, a dénoncé le calendrier des "choix" faits par le Premier ministre, comme celui d'appliquer la réforme de la taxe d'habitation "d'ici la fin du quinquennat". 

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Olivier Faure, président du groupe Nouvelle Gauche, député de Seine-et-Marne. (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)

Olivier Faure, président du groupe Nouvelle gauche à l’Assemblée, a réagi mercredi 5 juillet sur franceinfo, au discours de politique générale prononcé par Edouard Philippe la veille. Le député socialiste a dénoncé le report de plusieurs mesures qu'Emmanuel Macron avait mises en avant pendant la campagne présidentielle. 

"La disparition de la taxe d’habitation pour 80% des ménages est reportée aux calendes grecques", a dénoncé Olivier Faure. "En revanche, quand il s’agira d’augmenter la CSG, ça se fera dès 2018", a-t-il ajouté, redoutant que "les retraités, les fonctionnaires et les indépendants en subissent les conséquences, parce qu'ils ne seront pas compensés de la même façon sur la baisse des cotisations salariales".

Dans l'attente des moyens pour limiter la dépense publique

Le Premier ministre a plaidé mardi en faveur de la réduction du déficit public. Olivier Faure, qui précise être lui aussi contre l'addiction à la dette, regrette qu'Edouard Philippe ne précise pas davantage les moyens destinés à contenir le déficit. Pour le député de Seine-et-Marne, "c'est tout le problème depuis le départ.

"Il n'y a aucune façon dont on parvient à ce résultat. Il dit qu'il veut mettre sur la table 60 milliards de baisse de la dépense publique. J'aimerais comprendre où cet argent va être trouvé", s'est interrogé Olivier Faure, qui reproche au gouvernement et au Président d'"avancer cachés".

"Sur des sujets au cœur de la campagne électorale, il [Emmanuel Macron] n'a jamais dit ce qu'était la loi Travail, ce que serait la baisse de la dépense publique, quels sont les services qui seraient menacés, le sort des fonctionnaires." "Je crains tout et rien, puisque de toute façon nous n'avons rien", a résumé le député PS. 

Pas d'opposition "mécanique"

La Nouvelle gauche s'est abstenue lors du vote de confiance au gouvernement. C'était la position du groupe a expliqué Olivier Faure, même si "quatre ou cinq députés ont voté contre, parce qu'ils en avaient pris l'engagement pendant la campagne électorale". Avec le choix de l'abstention, son groupe a voulu quitter "les réflexes qui sont du vieux monde". "Nous sommes rentrés dans une nouvelle ère où tout va changer et désormais la question n'est pas de juger a priori d'un bilan qui n'existe pas", a-t-il précisé. Olivier Faure se place dans l'opposition.  : "Je me définis comme un opposant, pas un opposant systématique, mécanique. Sur un certain nombre de textes, nous chercherons plutôt à approfondir plus qu’à contester, mais, à chaque fois que nous devrons combattre, nous le ferons avec fermeté", a-t-il assuré.

Le PS "à la fin d'un cycle"

"Nous avons connu un cycle qui s’était ouvert avec François Mitterrand et qui se clôt vraisemblablement aujourd’hui. Nous avons la nécessité de nous réinventer et ça ne prendra pas deux jours", a expliqué Olivier Faure. Le chef de file du groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée a dit souhaiter "une direction provisoire, collégiale" au sein du Parti socialiste. Il apprécierait y voir "des gens qui ont une expérience, une légitimité et une forme de renouveau". Comme par exemple "Johana Rolland", la maire de Nantes ou celle de Rennes "Nathalie Apperé" ou "Carole Delga", la présidente socialiste de la région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, a-t-il notamment cité.

"On peut réconcilier la gauche, à condition que ses acteurs ne jouent pas ou ne surjouent pas la division", a estimé Olivier Faure. Interrogé sur les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, le député PS a estimé qu'ils ne cherchent beaucoup le dialogue. "Ils sont plutôt dans la politique spectacle. Quel est l'intérêt de dire, 'à 17, on résiste' ? On ne résiste à rien en réalité."  

Regardez l'intégralité de l'entretien d'Olivier Faure sur franceinfo le mercredi 5 juillet 2017.

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