8h30 Toussaint-Aphatie, France info

Grève à la SNCF : Olivier Faure veut "que le gouvernement arrête de mettre un pistolet sur la tempe de tout le monde"

Le nouveau premier secrétaire du PS, invité vendredi de franceinfo, a reproché au gouvernement de vouloir imposer sa "vision du service public", sans "véritables négociations".  

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, invité vendredi 30 mars de franceinfo.  
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, invité vendredi 30 mars de franceinfo.   (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Au lendemain de son élection à la tête du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, invité vendredi 30 mars de franceinfo, a déclaré soutenir le mouvement de grève à la SNCF, lancé le 3 avril, reprochant au gouvernement l'absence de véritables négociations.

"Je soutiens tous ceux qui soutiennent une vision du service public qui ne peut pas être celle que défend aujourd’hui le gouvernement, a déclaré Olivier Faure. Je soutiens les grévistes et aussi les usagers, parce que ce mouvement n'a pas pour seule vocation de soutenir les cheminots, il a aussi pour vocation de soutenir une idée du service public."  Selon le député PS de Seine-et-Marne, cette idée, remise en cause par le gouvernement, dit-il, demande des discussions. "Une véritable négociation suppose que le gouvernement arrête de mettre un pistolet sur la tempe de tout le monde, en expliquant que certes il concerte, mais qu'il fera ce qu'il veut", a déclaré Olivier Faure.   

Appelé à réagir à l'ampleur du mouvement à la SNCF, dont les effets se feront sentir dès lundi soir, le premier secrétaire du PS a estimé que "si demain le gouvernement annonce les ordonnances, c'est fini, qu'il y a une vraie négociation et qu'on va pouvoir discuter de l'avenir de la SNCF, le mouvement de grève prendra une autre tournure". 

Premier chantier au PS : "l'Europe"

Interrogé sur les axes prioritaires au Parti socialiste sous sa direction, Olivier Faure a déclaré que "l'Europe sera le premier chantier""C'est une question qui divise aujourd'hui à la fois les Français, la gauche, et qui suppose de nous repenser, a-t-il argumenté, souhaitant ainsi "remettre en cause une Europe aujourd'hui 'austéritaire'"

"Je pense que l'Europe a une religion qui est celle, malheureusement, de l'austérité", a regretté le nouveau patron du PS. "L'Europe pourrait se poser des questions qu'elle ne se pose pas", notamment sur "la question migratoire", a-t-il ajouté. "On a eu un plan pour les banques en 2007-2008 et l'Europe a eu raison de le faire (...) Mais ce que nous avons fait pour les banques, est-ce que vous ne pensez pas qu'on pourrait le faire aujourd'hui pour des êtres humains ?", a-t-il lancé.

Par ailleurs, le nouveau premier secrétaire du PS a fait part de son "immense fierté et de son "immense honneur" de diriger le parti. "Nous allons devoir retrouver les Français, nous les avons déçus, et il va donc falloir nous réinventer", a-t-il souligné.

Le mouvement des étudiants "à entendre"

Olivier Faure réclame des moyens supplémentaires pour garantir à tous l'accès à l'université. S'il approuve la fin du tirage au sort pour les filières tendues, et les efforts pour éviter la sélection par l'échec, le patron du PS dit partager "l'inquiétude sérieuse" des étudiants qui protestent contre les nouvelles modalités d'accès à l'université. "On nous a donné un discours qui pouvait être généreux mais la vérité est purement élitiste au pire sens du terme et elle ne conduit pas à répondre au défi de l’enseignement supérieur, d’amener progressivement une génération à un niveau qui permettra d’assumer notre rang dans le monde", a-t-il déclaré.

S’agissant des moyens, "il faut cinq fois plus" que ce que le gouvernement prévoit, a estimé Olivier Faure. "Cela suppose là aussi que les étudiants se fassent entendre", a-t-il conclu.   

Regardez l'intégralité de l'entretien d'Olivier Faure sur franceinfo le 30 mars 2018.

Olivier Faure, premier secrétaire du PS, invité vendredi 30 mars de franceinfo.  
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, invité vendredi 30 mars de franceinfo.   (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)