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Quotas pour l'immigration économique : "C'est un enfumage généralisé", estime Marine Le Pen

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, est l'invitée de franceinfo le 5 novembre 2019.

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Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, invitée de franceinfo le 5 novembre 2019.
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, invitée de franceinfo le 5 novembre 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

L'instauration de quotas d'immigration professionnelle que doit annoncer mercredi 6 novembre l'exécutif vise à faire face aux difficultés de recrutement grandissantes de certains secteurs, pour lesquels la procédure d'embauche d'un salarié étranger est jugée trop difficile. "C'est un enfumage généralisé", a réagi sur franceinfo Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, mardi 5 novembre."On parle d'immigration parce qu'on pense qu'il suffit de parler d'immigration aux Français pour qu'ils croient que des solutions sont apportées", continue la présidente du RN. Elles ne sont pas apportées aujourd'hui et ne le seront pas demain matin."

L'immigration économique en France, c'est "10% du nombre de gens que nous recevons légalement chaque année. C'est dérisoire. Avec 6 millions de chômeurs, l'urgence n'est-elle pas de trouver de l'emploi aux Français et accessoirement aux étrangers, en situation régulière, qui sont sur notre territoire et qui sont au chômage ?", demande Marine Le Pen. "La priorité d'un gouvernement, c'est de donner de l'emploi à ses propres compatriotes, cela me paraît légitime".

Des décisions "laxistes"

La présidente du Rassemblement national reproche à la classe politique de parler d'immigration, de quotas et d'objectifs chiffrés, "quand ils voient une échéance électorale arriver. Il n'y a aucune efficacité dans les solutions qu'ils proposent." Les quotas économiques ne vont pas "diminuer le nombre de l'immigration qui est spectaculaire, cela n'apporte rien en matière d'immigration clandestine, ils sont incohérents."

Le gouvernement a évoqué un croisement des fichiers de visas touristiques et des bénéficiaires de l'aide médicale d'Etat, ou un délai de carence de trois mois pour l'accès des demandeurs d'asile à la Sécu de base (PUMa). Ce sont des décisions "laxistes. La fermeté et l'efficacité, c'est de supprimer l'aide médicale d'Etat pour la transformer en une aide médicale d'urgence quand il y a un risque pour la vie", a déclaré Marine Le Pen.

"Solidaire" des "victimes de l'injustice"

"Nous sommes tous innocents de ce qu’on nous reproche", a également affirmé Marine Le Pen, interrogée sur la convocation de François Bayrou en vue de sa mise en examen dans le dossier des emplois fictifs au Parlement européen. "Il s’agit d’affaires montées de toutes pièces", a insisté la présidente du Rassemblement national, elle-même concernée par des soupçons d'emplois fictifs d'assistants d'eurodéputés. "Je suis solidaire de tous ceux qui sont victimes de l’injustice, surtout lorsque cette injustice est le fait de la justice, car elle est encore plus durement ressentie", a -t-elle ajouté.

Le président du MoDem a estimé de son côté que ces "accusations concernent tous les partis politiques français", notamment ceux de "Jean-Luc Mélenchon ou encore Marine Le Pen".

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, invitée de franceinfo le 5 novembre 2019.
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, invitée de franceinfo le 5 novembre 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)