Emmanuel Macron au CHU de Cherbourg : le signe "d'une prise de conscience d'une situation extrêmement grave", selon Philippe Juvin

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À l'approche de l'été, "il n'y a pas un seul service des urgences en France qui ne manque pas de personnel", s'inquiète le chef des urgences de l'hôpital Pompidou de Paris. "Une situation critique", alerte-t-il.

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Philippe Juvin, maire LR de la Garenne-Colombes, chef du service des urgences de l'hôpital Georges Pompidou à Paris. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

La visite d'Emmanuel Macron au CHU de Cherbourg, mardi 31 mai, est "une prise de conscience d'une situation qui est extrêmement grave puisque nous avons un nombre important de services d'urgence qui sont fermés partiellement ou totalement", a estimé sur franceinfo Philippe Juvin, maire LR de la Garenne-Colombes, chef du service des urgences de l'hôpital Georges Pompidou à Paris. Confrontés à un manque de soignants, les hôpitaux publics sont dans un situation critique à l’approche des grandes vacances.

"La quasi-totalité des services d'urgence de France connaît des difficultés d'activité et de personnels et un grand désarroi du personnel. Donc la situation est très grave."

Philippe Juvin

à franceinfo

À l'hôpital Georges Pompidou de Paris où travaille Philippe Juvin, la situation "est plus préservée" que dans d'autres hôpitaux de France, affirme-t-il. "Mais il n'y a pas un seul service des urgences en France qui ne manque pas de personnel. C'est une situation globale et critique", ajoute le médecin.

Selon lui, les difficultés rencontrées dans les hôpitaux s'expliquent notamment par le fait "que nous ne prenons pas assez soin des soignants. La richesse la plus importante du système de soins, ce sont les soignants, tous ceux qui font fonctionner le système". "Quand vous sortez d'une nuit de garde vous êtes crevé, usé, vous avez vu quelqu'un que vous avez empêché de mourir plusieurs fois dans la nuit, vous avez accompagné des familles en deuil, vous êtes plein de sang, de sueur, et vous ne rentrez pas indemne chez vous. Cette reconnaissance d'un métier à part, il faut la faire", a insisté Philippe Juvin.

Il faut que "les urgences soient filtrées"

Lors de son déplacement à Cherbourg Emmanuel Macron a promis de lancer "une mission d'un mois pour faire la vérité des prix sur le sujet des soins non programmés". Pour Philippe Juvin, il faut également améliorer le système de travail et revoir l'organisation : "Je plaide depuis des années pour un système qui consisterait à filtrer l'accueil des urgences". Selon lui, "il n'est pas normal que vous puissiez venir de manière totalement ouverte alors que vous avez un bouton sur la fesse depuis trois mois. Il faut que nous ayons en tête que les urgences peuvent être filtrées."

Il y a un risque imminent de ruptures d'accès aux soins par manque de personnels soignants, avait alerté Rémi Salomon, président de conférence des présidents des commissions médicales d’établissement de CHU la semaine dernière sur franceinfo. "On sait d'ores et déjà qu'on a des patients qu'on n'arrive pas à traiter depuis deux ans. Monsieur Salomon a raison de souligner ça. Cette situation de retard" va s'accentuer dans les semaines "qui viennent mais elle existe déjà", a expliqué Philippe Juvin.

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