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VIDÉO. Cécile Duflot : “On souhaite que plus de salariés soient associés à la gouvernance des entreprises"

a revoir

Présenté parJean-Paul Chapel

Diffusé le 23/06/2020Durée : 00h7

Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, revient sur un article de L’Opinion qui évoque des suppresions de poste chez Oxfam. “Oxfam France n’a jamais prétendu qu’il fallait interdire les licenciements. Quand vous avez de graves difficultés financières vous n’avez, parfois, pas d’autres solutions. Ce que nous avons dit c’est que les entreprises qui dégagent beaucoup de profits, qui distribuent énormément de dividendes à leurs actionnaires doivent éviter de licencier, voire ne pas licencier. Je ne peux pas licencier 1 500 personnes puisque l’équipe d’Oxfam France, c’est 45 personnes. Au niveau international, Oxfam se réorganise, et là, c’est le seul fait vrai, nous fermons 18 bureaux pays. Les gens qui travaillent dans ces bureaux, sur plusieurs années peut-être 4 à 5 ans pour certains, vont muter, changer de mission, partir dans un autre pays.

Cécile Duflot évoque l’importance du bénévolat. “63% des Français ont, une fois dans leur vie, été bénévoles. Ce sont les piliers de notre société. Toutes les associations en France souffrent et ont souffert de la crise du Covid, parce qu’elles ont annulé des événements de collecte, parce que leurs donateurs ont baissé leurs donations. Est-ce qu’on s’imagine la folie de comparer l’activité d’une ONG ou d’une association à l’activité d’une entreprise, qui dégage des bénéfices, et qui rémunère ses actionnaires, comme font les grandes entreprises ? Évidemment que nous avons des bénévoles, et heureusement. Mais entre un ingénieur hydraulicien qui travaille dans une mission humanitaire en Afghanistan et un jeune de 18 ans qui est étudiant et qui fait du bénévolat pour Oxfam France, ça n’a rien à voir.

La directrice générale d’Oxfam France revient sur l’étude publiée par l’ONG. Celle-ci évoque notamment le partage des richesses au sein des grandes entreprises. Les dividendes versés aux actionnaires des entreprises du CAC 40 auraient augmenté de 70% entre 2009 et 2018. “Il nous a semblé utile de voir ce qui s’est passé après une crise, et ce que nous allons vivre aujourd’hui. On a aussi regardé sur une tendance plus longue, et cette augmentation, qui est de 70%, elle est de 280% si on repart sur 2002. Dans un certain nombre d’entreprises, on est encore sur un modèle où on utilise une grande partie des ressources de l’entreprise, pas pour investir dans l’avenir, mais pour distribuer massivement des dividendes aux actionnaires dans une logique très court-termiste.

Cécile Duflot conclut sur la sous-représentation des femmes dans les équipes dirigeantes des entreprises. “On peut changer ça par des règles beaucoup plus fermes sur la parité. Les quotas, ça pose toujours question, mais leur efficacité a été démontrée, notamment sur les questions de parité. On souhaite que plus de salariés soient associés à la gouvernance des entreprises. Que ce pilier de la démocratie dans l’entreprise, où on met une représentation des salariés plus importante va aussi permettre d’avoir une vision plus long-terme sur l’activité des entreprises.

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