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Philippe Brassac (Crédit Agricole) : "Les banques françaises font partie des plus solides au monde"

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Présenté parJean-Paul Chapel

Diffusé le 12/10/2020Durée : 00h5

En pleine crise économique, que font les Français de leurs revenus ? Philippe Brassac, directeur général du groupe Crédit Agricole et président de la Fédération bancaire française, donne son point de vue : « Ils ont été très prudents pendant le confinement, mais très actifs depuis, puisqu’il y a eu un fort rebond des crédits de consommation et immobiliers depuis juin. Ces indicateurs sont même revenus à leur niveau d’avant-crise, et parfois même supérieurs, notamment sur les nouveaux projets immobiliers. » Du côté des entreprises, où un dirigeant de PME sur deux juge la pérennité de son entreprise menacée, le directeur de la deuxième plus grande banque française considère que tout est fait pour éviter une vague de faillites. Concernant un éventuel non-remboursement des prêts garantis par l’État, Philippe Brassac considère que le dispositif est très souple, n’étant pas remboursables avant un an, voire cinq années supplémentaires pour les entreprises qui ne pourront pas rembourser à court terme. « Il est trop tôt pour être optimistes ou pessimistes. Il y a encore six années au total pour affronter ce supplément de dette. Pour l’instant, il faut se mobiliser pour sauver l’économie. »

"La question du remboursement des dettes est fondamentale, mais pas prioritaire"

Président de la Fédération bancaire française, Philippe Brassac a ensuite donné son avis sur la solidité des banques, 12 ans après une crise financière qui les a fait vaciller : « Elles sont vraiment très solides. Leurs ratios de solvabilité, qui mesurent de façon objective leurs risques, les placent parmi les banques les plus solides au monde. Au premier semestre, elles ont pu fortement se mobiliser pour financer l’économie, tout en conservant leur niveau de solvabilité. » Il ne garantit toutefois pas une absence de fusion ou de réduction d’effectifs prochainement. « Elles sont solides, mais elles ne sont pas assez profitables dans un contexte de taux très bas. On assiste depuis 5 années à un phénomène de coopération entre les banques pour partager les coûts fixes. On partage les plateformes, les métiers, et on assiste aujourd’hui un phénomène de consolidation, surtout en Espagne et en Italie. »

Concernant la dette publique, qui va approcher l’équivalent de 120 % de la richesse nationale produite en une année, Philippe Brassac se veut rassurant : « Cette question est fondamentale, mais pas prioritaire. L’urgence absolue est de permettre aux États de financer le soutien de leur économie pour enjamber la crise COVID. Toutes les banques centrales au monde l’ont fait. Le seul risque pris est de dégrader la monnaie ou de déclencher des phénomènes d’inflation ; mais on voit bien que ce problème n’est pas là aujourd’hui. Mon sentiment est que ces suppléments de dette COVID, dès lors que la crise est mondiale et que tout le monde fait la même chose, va être neutralisée dans un jeu à somme nulle. Cela ne stigmatisera pas tel État par rapport à tel autre. »

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