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VIDEO. Virginie Verfaillie Tanguy : "Sauver des entreprises et des emplois, c'est surtout ça qui m'a motivée"

a revoir

Présenté parStéphane Depinoy

Diffusé le 10/02/2020Durée : 00h6

Virginie Verfaillie Tanguy explique l’objectif de l’Association pour le retournement des entreprises (ARE), dont elle est la présidente. "L’entreprise pour se redresser a besoin de changer de direction. Se retourner et faire participer toutes les parties prenantes, de rétablir parfois le dialogue social, de chercher des investisseurs, de savoir négocier là où d’habitude on payait."

L’association se compose de "profils très différents". "Des personnes du chiffre, du droit, des managers de crise, des investisseurs spécialisés dans le retournement des entreprises en difficulté, qui à côté de leur métier donnent du temps dans cette association."

Autre objectif : "Faire passer les mentalités de la honte, un peu comme aux Etats-Unis, au rebond. Quand on est tombé une fois, on connaît les écueils et on peut se redresser."

Depuis dix ans, l'ARE remet le prix Ulysse, qui récompense le retournement le plus spectaculaire. Cette année, Canal Toys, qui fait "des pâtes à modeler" pour enfants, l’a emporté. "C’est un exemple formidable, puisque c’est le même dirigeant qui a redressé son entreprise. Cela fait dix ans qu’il se bat. Quand on lui a remis le trophée, comme c’est très lourd je lui ai dit : « Vous voulez que je vous débarrasse ? » Il m’a dit : « Ah non, ça fait dix ans que j’attends ça.»"

Parmi les défaillances d’entreprises, trois sur quatre concernaient des sociétés de "moins de trois salariés" en 2019. "Ce sont des gens qui n’osent pas avouer leurs difficultés, n’osent pas aller au tribunal de commerce voir des juges bénévoles spécialisés dans la prévention, qui ont honte et attendent trop longtemps. Ils vont jusqu’à la liquidation judiciaire directe, il n’y a même pas de poursuite d’activités. Finalement on ne voit pas tout le bénéfice d'accompagner par les redressements judiciaires, les sauvegardes."

L'avocate est revenue sur le sauvetage de l’usine d’Ascoval et de ses "270 salariés". "Il y a eu une énorme osmose entre les syndicats, le dirigeant, les professionnels, une présidente de tribunal extraordinaire, qui a accepté pendant 18 mois de prolonger l’activité. C’est un bel exemple de réussite."

D’où lui vient cette passion ? "Peut-être parce que je n’étais pas capable d’être médecin. Sauver des entreprises, des emplois, c’est surtout ça qui m’a motivée."

Un travail de prévention est également fait avec des étudiants. "Les étudiants de Dauphine, avec des chefs d'entreprises, planchent sur des cas pratiques. A la fin des exercices, il y a un grand jury avec les dirigeants. Et parfois même certains me disent : «Tiens, je n’y avais pas pensé à ça.»"

La présidente de l’ARE conclut : "Il faut savoir se remettre en question, et se retourner pour avancer."

L’interview s’est achevée en musique avec « I Will Survive » de Gloria Gaynor.

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