Dimanche en politique, France 3

VIDEO. Migrations : Ségolène Royal prône le "codéveloppement"

L'ex-candidate à l'élection présidentielle, ministre de l'environnement sous la présidence Hollande, est aujourd'hui ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique. Dimanche 1er juillet, elle est l'invitée de "Dimanche en politique", présenté par Francis Letellier.

FRANCE 3

Nommée ambassadrice des pôles arctique et antarctique par Emmanuel Macron, l'ancienne ministre de l'environnement Ségolène Royal a été interrogée sur tous les sujets d'actualité: l'intronisation de Simone Veil au Panthéon, la visite d'Emmanuel Macron au Vatican ou encore la crise des migrants. "En 2050, la population de l'Afrique va doubler (...). Des solutions sont possibles, notamment en passant par le codéveloppement", a estimé l'ancienne candidate à l'élection présidentielle. 

"Améliorer le développement économique"

Ségolène Royal est revenue sur la première année de présidence d’Emmanuel Macron : "L'image de dynamisme de la France est bien vue par l'ensemble des partenaires" mais "ce qui est à harmoniser, c'est l'équilibre entre les différents pôles du développement économique" et elle a déploré un déséquilibre sur les piliers du social et de l’environnemental. Elle a toutefois refusé de catégoriser Emmanuel Macron comme "président des riches".

"Le développement s'appuie sur trois piliers: l'économique, le social et l'environnemental", a défini l'ancienne ministre de l'environnement. Membre du Parti socialiste, Ségolène Royal regrette que les problématiques sociales et environnementales ne soient pas les priorités d'Emmanuel Macron. "Mais le président n'a fait qu'une année de mandat", a nuancé Ségolène Royal. 

Alors que Jean-Louis Borloo avait affirmé à propos du mandat d’Emmanuel Macron que le "gratin se sépare des nouilles", Ségolène Royal met cette critique d’Emmanuel Macron sur le compte de l’"amertume" qu’elle "comprend" : "Il y a eu un dysfonctionnement de l'Etat, on ne demande pas un rapport (sur les banlieues) pour ne rien en faire et il n'est jamais bon d'humilier quelqu'un qui a fait ses preuves dans les banlieues." 

Elle a également évoqué le livre sur lequel elle travaille, "un livre politique avec une dimension personnelle" car sa "vérité n'a pas encore été dite".

"Simone Veil était une grande militante pour l'environnement"

Ségolène Royal a aussi évoqué Simone Veil, une panthéonisation "attendue", et selon elle, il faudrait plus de parité au Panthéon : "Olympe de Gouges, Louise Michel, Simone de Beauvoir auraient aussi leur place. A leur époque, la cause des femmes était considérée comme subalterne."

Et elle a insisté sur un point : "C'est moins connu d'elle, mais Simone Veil était une grande militante pour l'environnement." Simone et Antoine Veil étaient "un couple exemplaire, toutes les femmes ont envie de rendre hommage aussi à Antoine Veil. Un mari qui s'est engagé à ses côtés. Et toutes les femmes qui s'engagent dans des cercles de pouvoir, souvent ne sont pas accompagnées".

Ségolène a affirmé son opposition au projet de Montagne d’or, une mine d’or que veut exploiter un consortium russo-canadien au cœur de l’Amazonie française, "tant qu'il n'y a pas la garantie de non-pollution".

Enfin, elle a tenu à donner sa position sur l’inscription de l’écologie dans la Constitution : "Il ne faudra pas considérer que parce que l'on a mis un ou deux mots dans la Constitution la question environnementale est réglée", "quand on dit aux fabricants de glyphosate qu'on leur redonne trois ans pour trouver d'autres produits, ce n'est pas acceptable."

Actualité : le projet de réforme des pensions de reversion "fait peur"

Ségolène Royal est restée sur sa position sur le sujet de la PMA, elle s’est dit toujours "vigilante" sur la "place de l'enfant dans la société" : "Il faut parler de l'enfant, la PMA, oui peut-être, mais restons vigilants sur la question des enfants, ce ne sont pas des sujets faciles."

Sur la visite du président français au Vatican, "ce n'est pas gênant" qu'Emmanuel Macron ait accepté le titre de chanoine du Latran.

La réforme des pensions de réversion est un "projet qui fait peur" a indiqué Ségolène Royal. Elle a défendu le principe de la pension : "C'est la juste valorisation du travail maternel et du travail des femmes non rémunéré, la pension de réversion ce n'est pas que l'argent du mari, ce serait très injuste de la supprimer." 

Elle a aussi affirmé qu’elle comprend la frustration des élus locaux sur la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires : "Il faudrait plus de démocratie participative, il y a beaucoup de frustration dans le monde rural à cause d'une angoisse liée à son avenir."

Ségolène Royal, le 11 décembre 2017 à Paris.
Ségolène Royal, le 11 décembre 2017 à Paris. (ERIC PIERMONT / AFP)