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A La Rochelle, la venue "sporadique et médiatique" de Christiane Taubira chez les frondeurs

La ministre de la Justice était l'invitée surprise de la réunion organisée par les parlementaires opposés au gouvernement en marge de l'université d'été de La Rochelle.

 
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La ministre de la Justice, Christiane Taubira, à son arrivée à la réunion des frondeurs, samedi 30 août à La Rochelle (Charente-Maritimes). (XAVIER LEOTY / AFP)

A La Rochelle ce samedi 30 août, les militants et journalistes qui voulaient assister à la réunion des députés frondeurs ont eu une drôle de surprise. La passerelle qui reliait l’espace Encan, où se déroule l’université d’été du PS, à l'amphithéâtre était fermée, pour raison de sécurité. Cela n’a pas empêché la ministre de la Justice, Christiane Taubira, de rendre, à vélo, une petite visite à ces députés qui réclament une réorientation de la politique économique.

"Je crois qu'on peut entendre les débats, je ne vois vraiment pas où est le problème", a-t-elle déclaré à la nuée de caméras qui l'attendait. Cette visite, annoncée à la dernière minute, a mis le feu à une salle chauffée à blanc par les discours des députés frondeurs. "Quand on est héritier de la mémoire ouvrière, on ne touche pas aux 35h", avait lancé le député des Hauts-de-Seine, Jean-Marc Germain.

"Vive, vive, vive la gauche"

L'apparition de la ministre - ou plutôt de la nuée de caméras dont sa petite silhouette peine à émerger distinctement - est accueillie par un tonnerre d'applaudissements. "Vive, vive, vive la gauche, vive, vive, vive la gauche", chantent les militants, en référence au collectif "Vive la gauche" lancé ce samedi matin.

Le temps de prendre la pose, calée au premier rang entre Christian Paul et Jérôme Guedj, et la ministre est déjà repartie, vingt minutes après son arrivée. Avant d'enfourcher son vélo, elle glisse deux mots à la presse. "Nous avons laissé les Français se démoraliser, cogne-t-elle. Nous devons refaire place à la politique. La politique, c'est le courage de s'interroger". "Ce matin, j'y ai pris ma part et j'en assume les conséquences", martèle la ministre.

A ses côtés, les députés frondeurs savourent, tout en minimisant les conséquences de cette visite. "C'est la présence de quelqu'un qui veut entendre les débats", tempère Christian Paul, député de la Nièvre.

"Elle a bien fait de venir"

A la sortie, les militants sont partagés. "C'est inattendu, mais ce n'est pas surprenant, estime Leila, 22 ans. C'est en cohérence avec ce qu'elle a toujours dit. Elle a sa place dans un collectif comme celui-ci". Pour la jeune femme, cette venue montre que Christiane Taubira refuse "une majorité au garde à vous".

"Elle a bien fait de venir. C'est une femme courageuse", embraye Simone, une sympathisante de 81 ans. Brian, 20 ans, se félicite aussi de la venue de ce "symbole fort". Le jeune militant, très critique de la politique de Manuel Valls, n'en veut pas à Christiane Taubira de n'avoir pas pris la parole. "Elle a quand même un devoir de réserve", juge-t-il.

"Une venue sporadique et médiatique"

D'autres sont plus sceptiques. "Sa venue sporadique et médiatique montre qu'il y a un bougé au gouvernement. Cela mérite clarification", commente Bernard, 54 ans. "C'est un épiphénomène, c'est 20 minutes alors que le peuple de gauche se bat depuis des mois", estime Rémi, 39 ans. Hélène, 78 ans, n'hésite pas à parler de "cirque". "Quand on vient comme ça, c'est pas uniquement pour se montrer", regrette-t-elle.

Tous en revanche veulent que la ministre reste à son poste. "Christiane Taubira est une réussite de ce gouvernement, ce serait triste de se priver d'elle", estime Raphaël, 25 ans. "On ne fera pas un deuxième remaniement en une semaine, veut croire Vincent, 33 ans. Si Valls le fait, c'est qu'il est idiot ou provocateur". Pour le moment, le gouvernement élude, arguant qu'elle ne fait pas partie du PS. Fidèle de Manuel Valls, le député Carlos Da Silva est venu dire en salle de presse qu'il n'y a "pas de sujet".

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