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Primaire de la gauche : un député PS propose un "droit de retrait" en cas de victoire de Benoît Hamon

"C'est une sorte d'objection de conscience", a indiqué, vendredi, le député "réformateur" Gilles Savary.

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Benoît Hamon, le 26 janvier 2017 à Montreuil (Seine-Saint-Denis). (CITIZENSIDE/QUENTIN VEUILLET / CITIZENSIDE)

Benoît Hamon sera-t-il en capacité de rassembler le Parti socialiste en cas de victoire à la primaire de la gauche, dimanche 29 janvier ? Rien n'est moins sûr. En effet, un député de l'aile droite du PS envisage un "droit de retrait" en cas de victoire du candidat, même si l'hypothèse d'un ralliement massif et immédiat à Emmanuel Macron semble s'éloigner.

Le député de Gironde Gilles Savary a ainsi indiqué avoir préparé un texte qui sera présenté à la réunion du groupe des députés "réformateurs" à l'Assemblée, mardi 31 janvier. "C'est un droit de retrait de la campagne de (Benoît) Hamon, une sorte d'objection de conscience", a-t-il précisé.

Ce n'est "pas un appel à voter Macron"

Ce n'est "pas un appel à voter (Emmanuel) Macron", le texte ne parlant pas d'un ralliement au leader du mouvement En marche !, "car nous ne sommes pas tous d'accord", a poursuivi le député. Il s'était dit, lui-même, prêt à soutenir Emmanuel Macron si celui-ci acceptait "des appareillements". C'est-à-dire l'appartenance à deux mouvements. Les ralliements "se feront individuellement", le cas échéant, a-t-il estimé.

"On veut être clairs vis-à-vis de nos électeurs : on a défendu auprès d'eux le CICE, la politique de l'offre, la loi travail... On ne peut pas faire campagne pour le contraire ensuite", a expliqué Gilles Savary. "Les députés qui ont été légitimistes et loyalistes comme nous seraient piégés par une victoire de Hamon" qui les mettrait en difficulté face à leurs électeurs, a-t-il fait valoir. "Comment voulez-vous que des gens qui se sont battus contre les frondeurs soutiennent un candidat représentant ceux qui n'ont fait que leur taper dessus".

Valls affirme qu'il sera "loyal"

D'autres députés préfèrent temporiser. Bernadette Laclais a confirmé que "des discussions sont ouvertes au sein du pôle des 'réformateurs'", auquel elle appartient, mais la députée a rappelé qu'elle soutient Manuel Valls et se "bat pour qu'il soit vainqueur". Contacté par franceinfo, le député de Paris Christophe Caresche, cité par Europe 1 parmi les auteurs d'une supposée lettre de soutien à Emmanuel Macron, explique que, "jusqu'à dimanche, je ne souhaite pas m'exprimer là-dessus."

Du côté de Manuel Valls, la "loyauté" l'emporte. "Non, je ne pourrai pas défendre son programme, mais je serai loyal parce qu'il y a des règles pour la primaire, je m'effacerai" devant Benoît Hamon, en cas de victoire de ce dernier, a-t-il assuré, vendredi 27 janvier.

Une primaire pour l'unité

Face à ces prises de position, le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a déclaré dans un communiqué : "Personne ne demande à personne 'd’être plus royaliste que le roi' dans la campagne qui vient, mais personne ne peut prendre sur lui la négation du résultat. Je suis sûr que chacun comprendra que la route est longue. Et qu’il n’y a qu’un seul impératif dans cette campagne : battre la droite extrême et l’extrême-droite."

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